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Musique classique et opéra par Classissima

Claudio Abbado

dimanche 24 septembre 2017


Classiquenews.com - Articles

10 septembre

Barenboim dirige le Faust de Schumann pour la réouverture de l’Opéra de Berlin

Classiquenews.com - Articles Télé, Arte. SCHUMANN : Faust. Barenboim, le 3 octobre 2017, 23h. Les scènes de Faust de Schumann sont une partition qui vaut un opéra tant le souffle de la musique et la justesse intérieure du chant des solistes composent une fresque fulgurante par sa vérité et sa force tragique. Pour la réouverture de l’Opéra de Berlin, – Staatsoper Unter des Linden, le théâtre historique de Berlin, hérité du XVIIIè quand il était temple lyrique du Baroque et des Lumières (lieu de création des ouvrages mythiques de Reinhardt Keiser entre autres), le chef Daniel Barenboim, directeur de l’institution, dirige le chef d’oeuvre de Schumann, ses Scènes de Faust en deux parties avec une distribution prometteuse dont la Gretchen de la mezzo française suave, articulée d’Elsa Dreisig, sans omettre le Mephistopheles et l’esprit du diable de René Pape, indétrônable baryton basse, aux accents crépusculaires / on reste moins enthousiaste pour le Faust de Roman Trekel. Daniel Barenboim dirige ses équipes familières de la Staatskapelle de Berlin . L’ouvrage est à l’affiche du théâtre berlinois pour sa réouverture (les 3, 6 octobre puis 14, 17 décembre 2017 : Arte diffuse la première, mettant sous pression le collectif d’interprètes). Ce qui impressionne ici c’est le sentiment irrépressible d’une espérance ineffable malgré les morsures d’un destin éminemment tragique. Si Faust rêve de grandeur et se brûle les ailes par sa déraisonnable vanité, le sentiment de compassion et de culpabilité le rend à sa dignité et son humanité. Annoncée comme un événement par la chaîne, – on veut bien le croire, cette production pourrait-elle rivaliser par sa cohérence et le relief nuancé de ses solistes avec celle légendaire réalisée aussi à Belrin (mais à la Philharmonie, en 1994, sous la direction de Claudio Abbado ?). Daniel Barenboim déploiera-t-il la même veine dramatique, ce souci du détail instrumental sans sacrifier l’architecture- remarqués dans son cycle en cours dédié à ELGAR (dont témoigne son récent enregistrement du Songe de Gerontius / The dream of Gerontius, oratorio de l’au-delà… et Parsifal britannique, par son sujet et son inspiration musicale ) ? A voir le 3 octobre 2017. ———- Télé, Arte. SCHUMANN : Faust. Barenboim, le 3 octobre 2017, 23h. Les scènes de Faust de Schumann / Staatskapelle Berlin / Daniel Barenboim (direction). Diffusion en différé de la représentation réalisée le même jour

Resmusica.com

14 septembre

La Lucia lumineuse et triomphante de Jessica Pratt

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 12-IX-2017. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Lucia di Lammermoor, opéra en trois actes sur un livret de Salvatore Cammarano d’après le roman de Walter Scott « The Bride of Lammermoor ». Version de concert. Avec Jessica Pratt (Lucia) ; Paolo Fanale (Edgardo) ; Luca Salsi (Enrico Ashton) ; Riccardo Zanellato (Raimondo) ; Kevin Amiel (Normando) ; Xabier Anduaga (Lord Arturo Bucklaw) ; Valentine Lemercier (Alisa). Ensemble Lyrique Champagne Ardenne ; Orchestre National d’Ile de France, direction : Roberto Abbado.




Carnets sur sol

13 septembre

Franz Schubert, compositeur patriotique et sanguinaire

Non, pas seulement dans la fiction. Dans ce cas, évidemment, il serait si facile d'invoquer les combats de Fierrabras, la plainte des guerriers chrétiens capturés qui chantent la patrie perdue : [[]] Chœur a cappella « O teures Vaterland », l'une des plus belles pages chorales de Schubert. Chœur Arnold Schönberg, Claudio Abbado. ou la fureur de la sœurette mauresque du héros éponyme, se préparant à libérer Roland (bientôt de) Roncevaux. [[]] Air de Florinda « Die Brust gebeugt von Sorgen » à l'acte II par Cheryl Studer, l'Orchestre de Chambre d'Europe et Claudio Abbado. Là aussi, un moment très prégnant du drame, et de la musique. Jusque dans le domaine de la musique domestique, on pourrait convoquer les mises en musique de Métastase par Schubert en version piano-chant, comme Serbate, o Dei custodi D.35 (un exercice donné par Salieri), un chœur ici confié à Titus, une prière politique aux dieux de la Cité pour la préservation des jours du souverain – équivalent assez exact d'opera seria pour Gott erhalte den Kaiser / God save the Emperor, ni plus ni moins. [[]] Extrait de Serbate, o Dei Custodi sur un extrait de Métastase. Adrian Thompson, Graham Johnson. L'exercice de composition écrit par Schubert sur une simple ligne de basse a été complété par Alfred Orel pour l'exécution au piano comme ici. Mais le format intime n'interdit nullement l'éloquence tempêtueuse, ainsi que le montre cette véritable scène d'opéra dans le goût de la fin du I de la Clémence du Titus. [[]] Il traditor deluso D.903 n°2 sur un extrait de Métastase. Gerald Finley, Graham Johnson. C'est en réalité un collage assez sophistiqué tiré de Gioas, re di Giuda, qui reprend partiellement une scène de confusion d'Athalie… tout en l'écrivant hors sol pour un personnage imaginaire en clef de fa. Une des hypothèses est que Schubert, sous le charme de Lablache venu chanter à Vienne en 1827 (et qu'il aurait pu rencontrer chez Raphael Kiesewetter), lui aurait écrit les trois airs d'un groupe de mélodies italiennes – qu'il aurait même pu, potentiellement chanter dans le salon, on n'en sait rien. Pour plus ample information, une notule de 2006 y est intégralement consacrée (sans doute la première notule de ce format publiée sur CSS), ainsi qu'à l'un des autres airs du groupe (autre cas très tarabiscoté, qui convoque cette fois Régulus pour chanter une sérénade). On voit que Schubert ne craint pas, comme on pourrait le croire, l'exaltation patriotique, la véhémence guerrière ni le sang versé. Mais dans la fiction, tout est possible. Ce devient beaucoup plus intéressant et beaucoup plus inattendu lorsqu'on s'approche du monde réel. En 1813, Napoléon recule enfin, à Leipzig, contre la Sixième Coalition. Schubert écrit alors Auf den Sieg der Deutschen (« Sur la Victoire des Allemands », D.81) pour célébrer l'événement, pour baryton accompagné par une formation étrangement galante (trio à cordes). [[]] Auf den Sieg der Deutschen, avec Detlef Roth (intégrale Eisenlohr chez Naxos). Le poème anonyme qu'il met en musique (possiblement de lui-même, disent les spécialistes) ne brille pas par sa subtile analyse ni sa suave méditation : il reproduit les mêmes stéréotypes chantés par chaque camp, du côté germain cette fois. Et musicalement, c'est une jolie danse, avec un chante certes pour une fois confié à une voix grave, mais chargée d'ornements sur cette pulsation tournoyante. Musique de bal. Je traduis trois strophes des huit (strophes 1,3,5 de l'extrait). Verschwunden sind die Schmerzen, Weil aus beklemmten Herzen Kein Seufzer widerhallt. Drum jubelt hoch, ihr Deutsche, Denn die verruchte Peitsche Hat endlich ausgeknallt. Die Menschheit zu erretten Von ihren Sklavenketten Entstand das Bruderband. Franz, Wilhelm, Alexander Wetteifern miteinander Zum Wohl für’s Vaterland. Der Kampf ist nun entschieden. Bald, bald erscheint der Frieden In himmlischer Gestalt. Drum jubelt hoch, ihr Deutsche, Denn die verruchte Peitsche Hat einmal ausgeknallt. Les peines ont cessé, Car des cœurs opprimés Plus un soupir ne s'exhale. Exultez, Allemands, Puisque le fouet exécré A claqué pour la dernière fois. Pour libérer l'Humanité De ses chaînes d'esclave, Une armée de frères est née. Franz, Wilhelm, Alexandre Rivalisent ensemble Pour le bien de la Patrie. La rixe est à présent tranchée. Bientôt, bientôt la Paix apparaîtra, Sa silhouette célestement nimbée. Exultez, Allemands, Puisque le fouet exécré A claqué pour la dernière fois. La traduction est moche, mais l'original n'est pas vertigineux non plus, hein. Schubert manifeste un véritable sentiment patriotique qui ne se limite pas à la pacifique nostalgie pour sa Heimat, tels les chevaliers de Charlemagne dans leur poétique Teures Vaterland. Il s'exprime à nouveau l'année suivante, où le 16 mai, un mois après la (première) défaite finale de Napoléon et l'entrée de la Coalition dans Paris (15 avril 1814) – et commet à nouveau un lied étonnant, Die Befreier Europas in Paris (« Les Libérateurs de l'Europe à Paris », D.104). [[]] Die Befreier Europas in Paris, avec Detlef Roth et Ulrich Eisenlohr (intégrale Eisenlohr chez Naxos). Ce qui était à l'état d'exaltation générale de la liberté des peuples et de l'abhorration des tyrans devient plus vindicatif, et surtout convoque encore plus explicitement les héros du temps – célébrant les tirants de l'Est contre celui de l'Ouest… Quel dépaysement que de voir Schubert engagé dans ce type de chauvinisme déraisonnable et tout à fait peu élégant. Cela témoigne, sans doute, de la terreur qu'exerçaient les victoires napoléoniennes sur les autres nations souveraines, ou du moins l'humiliation ressentie devant les défaites accumulées. Schubert exulte ici avec un manque de subtilité qui traduit sans doute le soulagement spontané à l'annonce de la victoire. Le texte a paru anonymement dans le journal autrichien Der Sammler. Je ne dispose que de quatre des huit strophes d'origine, celles que j'ai traduites. [[]] Extrait de la version de Maarten Koningsberger et Graham Johson (intégrale Johnson chez Hyperion). Pure forme strophique, sur une musique encore plus simple et moins saillante que la précédente, joyeuse mais un peu figée, qui sent le griffonnage sur un nappe en fin de repas. Et pourtant, il en existe pas moins de trois versions successives (avec des modifications mineures) de la main de Schubert. Sie sind in Paris ! Die Helden! Europas Befreier ! Der Vater von Östreich, der Herrscher der Reußen Der Wiedererwecker der tapferen Preußen ! Das Glück Ihrer Völker, es war ihnen teuer, Sie sind in Paris ! Nun ist uns der Friede gewiß ! Du stolzes Paris! Schon schriebst du der Erde Gesetze; Doch, Herrschaft und Übermut plötzlich zu enden, Durchstrich Alexander die Rechnung mit Bränden. Von Moskau begann nun die Jagd und die Hetze, Bis hin nach Paris ! Nun ist uns der Friede gewiß ! Getäuschtes Paris ! Der schmeichelnde Wahn ist verflogen ; Die Väter der Teutschen, den Cäsar des Nordens Empörten die Gräuel des Raubens und Mordens. Der Edlen Verheißung – sie hat nicht betrogen ; Sie sind in Paris! Nun ist uns der Friede gewiß! Befreites Paris! Aus dir floß die Lava der Kriege ; In dir sprießt die Palme, sie haben’s verheißen, Die Väter von Östreich, von Rußland, von Preußen, Die liebliche Frucht ihrer glänzenden Siege Ist Friede gewiß! Sie senden ihn bald aus Paris. Ils sont à Paris ! Les héros ! Les Libérateurs de l'Europe ! Le Père de l'Autriche, le Seigneur des Russes, Celui qui réveilla les Prussiens braves ! Le bonheur de leurs peuples leur était si cher Que les voilà à Paris À présent la paix est sûre ! Orgueilleux Paris ! Tu as certes écrit les lois de la terre. Et pourtant, ton règne et ta témérité s'achèvent soudain, Alexandre a réglé la note par les flammes. De Moscou est partie la poursuite et la chasse, Jusqu'à Paris ! À présent la paix est sûre ! Paris qui t'illusionnais ! Tes délires flatteurs ont disparu ; Les Pères des Germains, le César du Nord Furent enflammés par les horreurs du pillage et du meurtre. La promesse des gentilhommes, ils ne n'ont pas trahie ; Ils sont à paris ! À présent la paix est sûre ! Paris libéré ! La lave de la guerre a coulé de tes murs ; En toi grandit la palme qu'ils ont promise, Les Pères d'Autriche, de Russie, de Prusse : Le fruit aimable de leur brillante victoire, C'est bien sûr la Paix ! Ils l'ont vite depêchée depuis Paris. Enfin, plus léger encore, et davantage insolite s'il est possible, Lied « Ferne von der großen Stadt » (« Loin de la grande ville »), qui reste une œuvre de jeunesse (1816, il a 19 ans), mais le catalogue s'est déjà emballé : de D.104 à D.483 en trois ans ! Une simple exaltation de la campagne, en huit strophes ici aussi, due à Karoline Pichler (ancêtre direct du Quatuor Alban Berg ?), qui tenait salon. [[]] Ferne von der großen Stadt, Detlef Roth et Ulrich Eisenlorh (intégrale Eisenlohr chez Naxos). Mais vous aurez d'emblée remarqué la bizarrerie : le refrain, c'est l'hymne haydnien Gott erhalte Franz, den Kaiser. Pourtant, le texte de K. Pichler consiste en une simple exaltation – qui semble délibérément stéréotypée (il y fait toujours beau !), mais pas ironique – de la vie rustique. Voyons de plus près les quatre strophes strophes – je ne traduis que le texte du refrain, qui varie. Éloge du repos. « Et un ciel toujours serein / Sourit aux joyeuses plaine. » Évocation des arbres et du ruisseau. « Et que la colline d'herbe fraîche / Soit mon vert kanapee. » Arrivée des fruits de l'automne et des grappes. « Ou les bleues prunes givrées / De l'arbre que j'ai taillé. » Hiver, vent du Nord, forêts sans feuilles, champs gelés, montagnes enneigées, le temps passe auprès du foyer. « Jusqu'à ce que, paré de fraîche verdure, / Le printemps s'éveille à nouveau. » Rien de particulièrement politique ni même épique, donc. Pourquoi ce thème ? [[]] Début de Ferne von der großen Stadt, Elizabeth Connell et Graham Johnson (intégrale Johnson chez Hyperion). Personne n'a réellement de réponse. Schubert est né en le 31 janvier 1797 ; moins de quinze jours après, le 12 février, Haydn offre à l'Empereur François Ier d'Autriche (François II du Saint-Empire) un hymne auquel il songeait depuis 1790, le fameux Gott erhalte den Kaiser, musique depuis devenue par les facéties de l'Histoire l'hymne allemand. Il s'agissait de produire un Domine salvum fac regem ou un God Save the King à l'usage de la monarchie autrichienne. Lorsque le jeune Schubert compose sa mélodie, l'hymne est donc pleinement établi ; plus important, Schubert l'a sans doute toujours entendu, dès son plus jeune âge : quelque chose de très familier. Pourquoi, alors, cet emploi qui ne célèbre aucune victoire ? Les exégètes proposent plusieurs pistes. → Graham Johnson suggère que dans le texte, Pichler fait référence à la République des Abeilles, suggérant que la poétesse serait une sorte de reine. À mon avis, outre qu'il serait assez baroque d'utiliser la musique de pompe impériale pour une référence républicaine, ce système de référence n'est pas opérante dans une pièce à refrain : on ne peut pas teinter toutes les reprises du même clin d'œil pour une information qui se trouve dans un seul couplet. Restent alors les deux explications évidentes et opposées. → Le thème symbolise la Vienne impériale. Et par une forme d'ironie légère, le poète agrestifié évoque de la sorte son éloignement de la pompe des humains. Ce paraît un brin irrévérencieux (pour quelqu'un qui qualifiait Franz Ier de Sauveur de l'Humanité deux ans plus tôt…), mais vu la légèreté du texte, ne prête guère à conséquence. → Le thème est ici utilisé dans son sens patriotique large : il exalte la beauté des paysages et l'harmonie de la nature dans la Heimat. Il mime l'enflement de cœur qui saisit quiconque contemple de magnifiques paysages qui sont siens. Ce me paraît l'hypothèse la plus congruente à la fois avec le texte et les inclinations habituelles de Schubert – cette exaltation lui sied particulièrement bien. Je l'admets, ce ne sont pas les découvertes musicales qui changeront votre vie d'auditeur… J'espérais badiner un peu plus sur notre frêle Schubert qui s'en va (t')en guerre mironton mironton mirontaine, mais j'ai fini, je le confesse, par laisser le sarcasse pour me laisser entraîner dans le tourbillon des œuvres tout à fait inattendues que j'ai trouvées en quantité bien plus abondante qu'envisagé. Après avoir entendu fortuitement (et avec stupéfaction) les Libérateurs de l'Europe, je me suis aperçu de ce que cette veine n'était pas si exotique pour Schubert. Dans une veine (violente mais/et) biblique, vous trouverez aussi Mirjams Siegesgesang (peut-être la seule œuvre qui ne soit pas fabuleuse dans les D.900…), contant la poursuite et la chute de Pharaon englouti dans les eaux de la Mer Rouge ; ou encore, dans ces piécettes aux sujets de jubilation insolites, un plus raisonnable éloge du Tokay (de 1815, D.248). Mais ce sera pour d'autres occasions.

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4 septembre

CD, coffret, compte rendu critique. THE GREAT LUCIANO PAVAROTTI (3 cd Sony classical)

CD, coffret, compte rendu critique. THE GREAT LUCIANO PAVAROTTI (3 cd Sony classical). Le coffret qu’édite pour l’anniversaire de la mort de Luciano Pavarotti, – ce 6 septembre 2017 marque les 10 ans de sa mort-, Sony classical vaut bien des archives majeures dévoilant l’exceptionnel instinct dramatique du ténor légendaire décédé en 2007. Le triple coffret se rend même indispensable pour tous ceux qui souhaitent encore découvrir et explorer ce répertoire ciselé par le ténorissimo italien. De fait aux côtés de ses Donizetti et Bellini d’anthologie, il restera toujours ses premiers Verdi, avec ici un chef digne de sa lyre solaire, de son timbre stylé, de ses phrasés uniques, de son legato irradiant et incandescent, de sa souveraine musicalité, de sa justesse exemplaire, de son vibrato si finement contrôlé… Voici donc en volet 1 (cd1), un récital anthologique qui vaut autant pour l’intelligence solarisée d’un timbre verdien de première qualité, que par le tempérament orchestral et dramatique prêt à le soutenir sans aucune faute de goût, soit la baguette vive, affûtée, calibrée, subtile de Claudio Abbado (les Pappano, Muti, Chailly… et autres verdiens autoproclamés, devraient réécouter cet équilibre fusionnel, d’une infinie subtilité entre le chef et son soliste : un duo amoureux d’une finesse irrésistible). L’ouverture d’Aida (version de 1872 – ultime séquence de ce récital anthologique, un rien trop court) impose une sensibilité wagnérienne chez un Abbado doué plus que tous les autres (hormis Karajan) pour l’intériorité : couleurs, accents, dynamique favorisent un théâtre de l’introspection qui désigne immédiatement (par les thèmes à venir), ce huit clos psychologique, à la fois étouffant, passionnel, tragique, dans une version moins jouée, mais dans sa continuité, formidable résumé symphonique de tout l’opéra. Là aussi, à travers la sensibilité du maestro, une leçon de très haute musicalité, entre détail et souffle volcanique. MILAN avec CLAUDIA ABBADO, 1978 et 1980. CD1. « PAVAROTTI PREMIERES » : l’album ici réédité regroupe plusieurs airs verdiens dans leur version historique rarement chantée. A Milan en janvier 1978 et avril 1980, voici l’Everest vocal, le dieu des ténors (après Caruso), lui-même admirateur de Giuseppe di Stefano (le partenaire si difficile de Maria Callas, et son amant lunatique), l’immense Luciano Pavarotti dans une série de quatre opéras verdiens où rayonnent son intensité, sa couleur, insignes. Voici l’ardent « Odi il voto, o grande Iddio » d’ERNANI, mais dans une variante historique pour le ténor Nikolai Ivanov (1844). D’ailleurs tous les airs sont des versions aménagées pour l’ampleur vocale et dramatique de chaque interprète du XIXè ; Pavarotti et Claudio Abbado partagent ce goût pour les couleurs et les timbres spécifiques, un format et une balance ciselés où éblouit le relief spécifique de l’italien verdien, si ciselé, du grand diseur Pavarotti. Les chefs sur orchestre d’instruments d’époque devraient là aussi y puiser une source d’intelligence expressive sans limites… A Bon entendeur. Ardeur, ivresse sensible, caractère extatique (ATTILA), goût et sens du verbe… tout indique l’excellence du chanteur, apte à caractériser par sa seule voix, une situation, une atmosphère émotionnelle (cf les deux airs d’I DUE FOSCARI, dont la cabalette « Si lo sento, Iddio mi chiama », dans sa version alternative de 1846 – une rareté d’une remarquable subtilité : phrasés ductiles, passage en voix de tête d’une fluide résolution, atteignant des aigus angéliques et céleste et d’une tendresse plus que stylée). En prime, complément indispensable pour tous ceux qui pensaient que Pavarotti ne savait pas chanter en Français, qu’ils écoutent ici: « A toi, que j’ai chérie », air alternatif pour Pierre-François Villaret de 1863, extraits des VEPRES SICILIENNES- quand Verdi était un compositeur que souhaitait et applaudissait le Second Empire : sur le tapis instrumental, tragique et digne, esquissé par Abbado, la chaleur fulgurante du timbre fait entendre l’éclat nuancé de la prière amoureuse, ce travail sur la ligne, la hauteur, la justesse et surtout la sobriété d’élocution. Un modèle de tact, de goût, de suggestivité extatique (la caresse sombre des cordes de l’Orchestre de la Scala milanaise). Une perle parmi d’autres, sublimées par l’entente chef et ténor. Rien que pour ce cd1, le coffret opportunément édité par SONY est un must absolu. En complément, l’éditeur ajoute le concert live à Modena / Piazza Grande d’août 1985 ; et offrande parmi d’autres du fameux trio vocal, « des Trois Ténors », – soit Pavarotti et ses confrères Placido Domingo et José Carreras, leur live intitulé « The THREE TENORS CHRISTMAS », réalisé à Vienne, au Konzerthaus en décembre 1999. Le coffret comblera tous les goûts, dont les plus connaisseurs d’un Verdi bellinien, grâce au cd1 scaligène. —————————— CD, coffret, compte rendu critique. THE GREAT LUCIANO PAVAROTTI (3 cd Sony classical). CD1 : PAVAROTTI PREMIERES : airs rares en première mondiale (1978 / 1980 – Claudio Abbado, Orchestre de la Scala de Milan, … CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2017. —————————— LIRE aussi notre dépêche annonce 10 ans de la disparition / mort de Luciano Pavarotti http://www.classiquenews.com/opera-coffrets-cd-pour-le-10eme-anniversaire-de-la-mort-de-luciano-pavarotti-2007-2017/



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