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Musique classique et opéra par Classissima

Claudio Abbado

vendredi 27 mai 2016


Classiquenews.com - Articles

14 mai

CD, coffret événement. Compte rendu critique. Schubert : The edition 1 (39 cd Limited edition, DG)

Classiquenews.com - Articles CD, coffret événement. Compte rendu critique. Schubert : The edition 1 (39 cd Limited edition / édition limitée). Voici un coffret préliminaire ou premier volet de l’intégrale DG dédiée à Franz Schubert, qui comprend donc dans un premier temps, tout l’oeuvre pour orchestre, musique de chambre, piano. Chefs d’oeuvres éternels servis par des interprètes indiscutables que la question schubertienne a particulièrement inspirés, ou continue d’inspirer avec une justesse et une profondeur d’un inusable crédit. 39 cd pour mieux comprendre le génie réservé de Schubert à Vienne… Intégral du Schubert, symphonique, pianistique, chambriste… CLAUDIO ABBADO, maître du symphonisme schubertien. Côté symphonies et oeuvres symphoniques : évidemment les Symphonies n°1,2,3, 4 “Tragique”, 6, 8 “inachevée et 9 “La Grande” soit toutes les symphonies sauf la 7, par Claudio Abbado et le Chamber orchestra of Europe (CD1 à 4) : lecture d’une intégrité qui joue plus sur la transparence et l’équilibre que le souffle dramatique. La clarté et le souci d’articulation défendent ici la figure légendaire, enfin réestimée du Schubert Symphoniste à Vienne, longtemps écarté par Haydn, Mozart et bien sûr Beethoven. Les 8 et 9 sont des incontournables par la fine éloquence structurelle de l’approche. Passionnante (re)découverte pour tous, la musique symphonique complémentaire, ainsi regroupée qui offre une superbe vision générale de l’écriture schubertienne pour orchestre, dévoilant sa conception du développement par variations et répétitions, sa prenante facilité mélodique : ainsi les musiques pour le drame Rosamunde, princesse de Chypre D797 (ouverture, entractes, choeur et ballets… sans omettre la fameuse romance…, Anne Sofie von Otter, Claudio Abbado, 1987 / 1989, cd 5). Curiosités : le mouvement de concerto pour violon D345 par Gidon Kremer au violon (1991), quelques ouvertures dans le style italien par Sawalich à Dresde, 1967); surtout, miroirs des préoccupations dramatiques et lyriques de Franz, ses Ouvertures, en liaison avec ses diverses tentatives d’opéras, tels : Le Diable Hydraulicien, Le chevalier au miroir, Le château du diable, Les frères Jumeaux, surtout Alfonso et Estrella, – sa plus grande partition lyrique, ou Fierrabras D796 par le Haydn Sonfonietta Wien, sous la direction vive, vivante de Manfred Huss (1997, cd8). Au chapitre de la musique de chambre (cd 9 à 21), les plus habiles dans l’intériorité partagée sont portés / canalisés par le violoniste Gidon Kremer dont tout un cycle a été ainsi enregistré par DG (Octuor D 803, cd9) ; cependant que les Quatuors sont confiés au Melos Quartett dans un cycle de référence réalisé entre 1971 et 1975(en ut majeur, D 956 – Zurich, 1977 et aussi les Quatuors n°1, 2, 3, en ut mineur D103 — cd12 / n°4, 5, 6, 7, 8, 9 — cd13 et 14 “la jeune fille et la mort” , puis Quatuor 10 et 13 “Rosamunde” D 804 — cd15, ) ; taillé comme un diamant aux arêtes vives (le Quintette pour piano, violon, alto… La truite” D 667, avec Emil Guilels au piano en 1975 – cd11) ; les Trios sont défendus avec quel panache et précision fruitée par le Beaux Arts trio dont Menahem Pressler, pianiste à la main leste et preste (1966-1969); Les Sonates pour violon (et aussi les Variations d’après Die Schöne Müllerin D 795) occupent ici toutes les ressources personnelles et chambristes de l’excellent violoniste Gidon Kremer, très engagé sur le sujet schubertien : avec Oleg Maisenberg au piano (cd 20,21 — 1990-1995). Il faut bien ici 13 cd pour couvrir tout l’œuvre pour piano seul : ce qui rappelle combien le piano fut le confident, le double de Schubert, voyageur à la quête infinie, porteur de ce spleen typiquement romantique et germanique à Vienne, ou “Sehnsucht”. Avouons notre préférence à Andras Schiff, plutôt que le clavier droit, dur, trop net de Kempff. Nette séduction pour l’envoûtante Maria Joao Pires (Impromptus, CD 29, 1996 / 1997 cd30) ; même enthousiasme pour les Moments musicaux et les 2 Scherzi (Live, 1989 — cd31). Parmi les inédits (première publication au disque), le programme du cd33 : valses, écossaises, Allemande, Ländler, Trios, Menuet et Fantaisie… par Paul-Badura Skoda et Jörg Demus (1961-1965). Complément à l’exploration symphonique initialement traitée dans les premiers cd de cette compilation / coffret choc : les 3 derniers cd 37,38 et 39. Compléments plus qu’utiles : nécessaires pour votre culture sonore et musicale ; cd 37 : Symphonie n°8, fragments D708A (complétés, réorchestrés par Brian Newbould) ; très rare symphonie n°7,n°10, et fragments D615, par Neville Marriner et son Academy Saint Martin in the fields (Londres 1982-1983). Enfin le cd 39, regroupe 3 interprétations devenues à juste titre légendaires, les trois dans la même 8ème Symphonie : Carlos Kleiber et le Wiener Philharmoniker, d’une limpidité étonnante aux chants intérieurs d’une suavité murmurée ineffable (1978), Furtwangler et le Berliner en 1952, au souffle chtonien qui semble exprimer toute la morne langueur des tragédies connues ; enfin Leopold Stokowski (notre photo ci contre) et le London Philharmonic orchestra, d’une vitalité détaillée enivrante, sculptée comme un chirurgien poète au geste mordant, onctueux, d’une élégance intérieure superlative(1969). 3 esthétiques diverses et complémentaires qui en appellent évidemment d’autres et dont celle de Abbado par comparaison, s’en tire avec tous les honneurs (cd2, 1987). Superbe édition, accompagnée présentée par un livret dont un article traduit en français : “Venons-en à nos chères partitions… la musique instrumentale de Franz Schubert” par Michael Kube, tente une claire synthèse des dernières recherches sur le génie Schubertien. CD, coffret événement. Compte rendu critique. Schubert : The edition 1 (39 cd Limited edition / édition limitée), Deutsche Grammophon 4795545 GB 39 Deutsche Grammophon. Livret de 100 pages.

Le blog d'Olivier Bellamy

3 mai

Frédéric Bélier-Garcia, d’Angers en Avignon

Directeur du Quai à Angers, Frédéric Bélier-Garcia montait Lucia di Lammermoor de Donizetti au Grand Opéra d’Avignon. L’occasion de se livrer à quelques confidences en musique. Voici son programme : Les 4 musiques classiques • VERDI MACBETH final de l’acte I, Scena e Sestetto - Finale I. “Di destarlo per tempo il re » Dans Claudio Abbado, Piero Cappuccilli, Shirley Verrett, morceau 8, Idéalement à 1’30’’ à orror orror quand Macduff vient annoncer l’assassinat du Roi • Elgar, Variations énigmatique IX • Human Orchestra /Mark Bradshaw /Bright Star (Original Motion Picture Soundtrack / Bande originale) • Suite en ré: Les tendres plaintes / Natacha Kudritskaya/ Rameau: Suites pour le piano Les 3 « madeleines » • Mina, non credere ou e tu • Bach, Passion selon Matthieu, Erbarme dich mein Got • Gilbert Bécaud, Et maintenant




Le blog d'Olivier Bellamy

3 mai

Jean-Philippe Sarcos, générosité bien ordonnée

Avec son accent qui chante et son coeur qui palpite en mesure avec la musique qu’il joue, le chef d’orchestre Jean-Philippe Sarcos est un invité enthousiasmant. De nombreux messages d’auditeurs en témoignent. Vive le Palais royal ! Voici : son programme : I – Madeleines 1 - Harnoncourt, “Dove sono”, Les Noces de Figaro, Mozart Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) Les Noces de Figaro “Dove sono” Interprètes : Harnoncourt, La Comtesse Dorothea Röschmann, Orchestre Philarmonique de Vienne Label : Deutsche Grammophon Année : 2007 Réf. : B000OFOSNQ 2 - Charles Münch, “Un bal”, Symphonie fantastique, Berlioz Hector BERLIOZ (1803-1869) Symphonie fantastique “Un bal” Interprète : Orchestre National de France sous la direction de Charles Münch Label : Disques Montaigne Année : 1988 Réf. : WM 328 3 - Bizet, Les Pêcheurs de perles, “Au fond du temple saint”, Dervaux Georges BIZET (1838 - 1875) Les Pêcheurs de perles Duo Nadir-Zurga, “Au fond du temple saint” Interprètes : Nicolas Gedda, ténor et Ernest Blanc, basse ; Orchestre du Théâtre National de l’Opéra- Comique Label : EMI Classics Année : 1961 Référence : 7213 5 66020 2 1 CD1, plage 6 Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Interprété l’année dernière avec Le Palais royal et Vannina Santoni - Livres et interprétations d’Harnoncourt ont beaucoup influencé mes conceptions musicales - Il s’est battu toute sa vie pour qu’on dépasse le côté esthétique de la musique de Mozart. Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Retenue, raffinement, couleurs, danse : tradition française. - Ma formation avec G. Prêtre - Salle du Conservatoire dans laquelle Le Palais royal est en résidence + symphonie souvent dirigée Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Dervaux, Jacques Mars ont été aussi mes professeurs de direction d’orchestre et de chant - Prononciation du français à laquelle je m’attache avec beaucoup d’exigence II Morceaux 1 - Beethoven, Fantaisie pour piano, chœur et orchestre, opus 80 Ludwig van BEETHOVEN (1710-1827) Fantaisie pour piano, chœur et orchestre, op. 80 Interprètes : Claudio Abbado, Wiener Philharmoniker Label : Deutsche Grammophon Année : 1987 Référence : 419 779-2 plages 12 et 13, durée 2′15 + 1′37 2 - Saint-Saëns, Ire Symphonie, 2e mouvement Camille SAINT-SAËNS (1835-1921) Symphonie n°1, 2nd mouvement, Marche, scherzo Interprètes : Georges Prêtre, Wiener Symphoniker Label : Erato Année : 1991 Réf. : 3984-24236-5 3 - Juan Frances de Iribarren, espagnol, maître de chapelle de la cathédrale de Malaga en Andalousie, “Viendo que jil, hizo raya” Juan Francés de Iribarren (1698-1767) “Viendo que jil, hizo raya”, jàcara Interprète : Al Ayre Español Label : RCA Red Seal Année : 1994, 1995, 1999 Réf. : 74321 845 862 CD 1, plage 10, durées : 5′54 4 - Rossini, La Pietra del Paragone,”Io del credito” Giovachino ROSSINI (1792-1868) La Pietra del Paragone “Io del credito” Interprètes : Orchestra Camerata Musicale, Coro del Teatro Comunale di Modena, direction Claudio Desderi Label : Nuova era Internazionale Année : 2008 Réf. : 232487 Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Intégrale des symphonies par Le Palais royal 1, 2, 3, 5, 6, à venir : juin : 9e, sept : 7e - Beethoven nous montre un chemin pour notre époque. Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Ligne artistique du Palais royal de faire aimer d’avantage la musique française, St-Saëns, Bizet, Berlioz - Œuvres pleines de fraîcheur, d’élégance, de légèreté, de couleurs et de joie Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Chaconne - Je suis méridional et j’aime la langue espagnole CD 2, plage 4, commencer à 2′07, durée : 2′15 Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Musique joyeuse, qui plaisante avec beaucoup d’esprit. J’aime cette musique qui donne de la joie aux interprètes et au public 5 - Mascagni, Cavalleria Rusticana, Intermezzo Pietro MASCAGNI (1863-1945) Cavalleria Rusticana Intermezzo Interprètes : Chœur et orchestre de la Scala, direction Tullio Serafin Label : Brillant opéra collection Année : 1953 Réf. : 9163 plage 16 Pourquoi cette œuvre et cet enregistrement : - Une des œuvres les plus sensuelles et expressives de tout le répertoire. On sent le public qui retient son souffle - Cette musique permet de se laisser aller totalement, de se mettre à nu, de vivre l’instant à 100% avec les musiciens et le public. - La force expressive de cette musique est telle qu’on a l’impression de la composer en la dirigeant, d’improviser.

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1 mai

Directeurs musicaux : Mort et transfiguration (des orchestres)

En vidéo. Chef invité et chef permanent ne sont vraiment pas le même métier. ¶ Le chef invité doit transmettre une vision à un orchestre (qui change un peu de l'ordinaire, ça renouvelle par rapport au directeur musical de la phalange, qui a souvent les mêmes grandes œuvres à son répertoire), le temps de quelques heures. De nos jours, avec la facilité des transports et les distances parcourues entre deux concerts, il n'est pas rare qu'un concert symphonique se prépare en deux ou trois services de répétition (peu ou prou trois heures par service). C'est-à-dire que pour un concert d'1h30, le chef n'a même pas le loisir d'écouter les œuvres en entier, ou en tout cas pas plus d'une fois, s'il veut donner quelque ¶ Le chef permament / directeur musical (techniquement, le directeur musical élabore la saison, fixe les orientations artistiques et peut ne pas être un chef d'orchestre, même si ce modèle est le plus pertinent et le plus répandu) bâtit sur la durée le son, l'équilibre, la personnalité d'un orchestre – puisque le système musical est particulièrement hiérarchisé et vertical. Cela me fascine toujours assez au demeurant : l'un des lieux les plus normés de la société, et peut-être celui où la concentration en libertaires sénestres est la plus dense, sans que les musiciens vivent ces deux éléments comme contradictoires. Obéissants en pratique et rétifs à tout pouvoir en théorie. Très souvent, ce n'est pas une coïncidence, les plus belles interprétations sont issues du directeur musical ou des chefs réguliers – il suffit de voir ce que la RIAS de Fricsay produisait avec d'autres chefs, et plus encore les catastrophes des captations de Fricsay hors de la RIAS ! En tombant sur la vidéo de la Deuxième Symphonie de Sibelius par l'Orchestre de Paris et Paavo Järvi, on mesure de façon spectaculaire les résultats obtenus lorsqu'un chef compétent collabore longuement avec un orchestre, même indiscipliné et bagarreur. Voyez plutôt : dès le début, tout est cafouilleux, on entend simultanément plusieurs coups d'archet, comme une nébuleuse au niveau des attaques, les cors hésitent dans le trait mi-ternaire, mi-binaire (pas parce qu'ils n'ont pas le niveau de solfège, mais parce qu'ils ne se sont manifestement pas bien accordés sur la quantité exacte de rubato), et tout semble se mouvoir avec une certaine lourdeur, comme un halo d'incertitude. On est au début de la collaboration avec Järvi (la symphonie a depuis été redonnée, il y a un an, je n'y étais pas, mais ce devait être très différent), l'Orchestre de Paris sortait de la période Eschenbach, pas réputée pour sa rigueur (là non plus, je n'y étais pas), et n'avait pas sans doute pas beaucoup joué de Sibelius jusqu'alors. Et au bout de la période, quand on compare à la finition de ce que donne l'orchestre aujourd'hui , ce produit plutôt ce Sibelius-ci (pas avec la même bravoure individuelle peut-être, mais le résultat de leur Cinquième en début de saison était très proche) – c'est-à-dire ce qu'on peut trouver de mieux en matière de Sibelius, même si je ne doute pas que Järvi parvienne à approcher d'encore plus près son idéal avec des orchestres plus dociles. Philippe Aïche, Jérôme Rouillard et André Cazalet en répétition – vue depuis le podium On pourrait reproduire la démonstration avec quantité d'autres orchestres où le directeur musical permanent a eu une influence notable – elle peut aussi, s'il impose une vision trop rigidement personnelle ou s'il manque de compétences en matière de construction, de relations humaines (pas forcément cordiales, au demeurant), se révéler délétère. Je ne suis pas sûr que Klemperer au Philharmonia ou Celibidache au Philharmonique de Munich aient laissé des orchestres très fonctionnels à leur successeurs. Même le Philharmonique de Berlin a mis assez lontemps pour sortir de l'ornière exclusive du moelleux rutilant, après des décennies de Karajan (et d'Abbado qui n'était pas forcément d'un tempérament assez radical pour inverser la tendance, du moins avant les tentatives chambristes de fin de mandat) – je ne suis pas fanatique de la direction de Rattle, mais sa transfiguration de Berlin en un orchestre polyvalent et plastique est quasiment sans exemple. Il y aurait là un beau sujet de notule plus ambitieuse, avec exemples à l'appui, sur la durée de vie d'un orchestre – la difficulté étant de réunir des enregistrements de concert assez fidèles, et pas seulement ceux sélectionnés et retouchés pour le prestige du disque, voire d'en mesurer les effets sur place (d'où l'exemple simple de l'Orchestre de Paris que j'ai beaucoup vu depuis sept ans).



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22 avril

Les amours de Valdemar 1er – Des Gurre-Lieder au Pierrot lunaire – Une ovation à la Philharmonie – Le chemin de croix de Prokofiev

Franz Mazura, récitant des « Gurre-Lieder ». Wagnérien réputé, il souffle ses 92 bougies aujourd’hui ! DR Les Gurre-Lieder, que l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Paris viennent d’exécuter dans la grande salle de la Philharmonie, constituent un cas d’école. Illustrant musicalement les amours du roi de Danemark, Valdemar 1er, et de sa maîtresse Tove, l’assassinat de cette dernière plongée dans un bain trop chaud par l’épouse trahie, et transformée en colombe, cette symphonie dramatique est la pointe extrême d’une évolution, dont Wagner, Mahler et Richard Strauss sont les parrains directs. C’est au tournant du siècle qu’Arnold Schoenberg se lança à vingt-cinq ans dans cette folle aventure, laquelle, selon les termes de l’auteur, « fut ensuite interrompue assez longtemps par des orchestrations d’opérettes ». Il fallait bien vivre… Pendant le long sommeil des « Gurre-lieder », Schoenberg composa beaucoup… et s’adonna à la peinture : quatre-vingts tableaux dont quelques auto-portraits, pas très flatteurs… L’œuvre-culte Dix ans plus tard, lorsque Schoenberg reprendra sa partition, l’eau avait coulé, et en abondance, sous les ponts du Danube. Schoenberg venait hardiment d’indiquer, année après année, œuvre après œuvre (les deux premiers quatuors à cordes, la 1ère Symphonie de chambre, l’opéra Erwartung et autres petites Pièces pour piano de l’opus 19), les étapes d’une évolution qui le mènera à la mise en œuvre de sa méthode dodécaphonique ; sa musique avait subi une cure radicale d’amaigrissement, dont les différentes phases avaient régulièrement provoqué le scandale, déchaîné la fureur des commentateurs et abouti à ce Pierrot lunaire, œuvre-culte de la modernité musicale. Le 23 février 1913, lorsque le jeune compositeur Franz Schreker dirigera enfin dans la salle du Musikverein de Vienne, en sa qualité de chef du Chœur Philharmonique, la création des Gurre-Lieder, le Pierrot lunaire a déjà été porté sur la place publique, suscitant ricanements et quolibets. C’est dire que les Gurre-lieder renvoyaient à un monde disparu. Il n’est pas surprenant que l’accueil ait été enthousiaste, avec, au premier rang, les amis et les élèves du maître auquel on remit une couronne de lauriers. Heureux, notre cher Arnold, qui était, jusque-là, régulièrement sifflé ? Pas vraiment – « je me sentais plutôt indifférent, peut-être même un peu contrarié. » Il admettra néanmoins que l’œuvre est « la clé de (son) évolution. » Un monument Une simple clé, c’est peu dire pour un monument de cette ampleur. En effet, l’exécution, qui dure deux grandes heures, exige la présence de cinq voix solistes, d’un récitant, d’un chœur particulièrement fourni et d’une formation orchestrale très inhabituelle qui, entre autres, rassemble quatre harpes, quatre trombones ténor (et un trombone basse), une armée de flûtistes et de clarinettistes, six timbales (plus grosse caisse, glockenspiel, xylophone, jeu de chaînes, etc.), vingt premiers violons, vingt second violons, seize altos, seize violoncelles, douze contrebasses ; en tout, quelque cent cinquante instrumentistes. L’œuvre idéale, en somme, pour meubler le volume de la Philharmonie de Paris ; et le spectacle était assez saisissant lorsque Philippe Jordan prit la tête de ses troupes. Saisissant également le contraste avec cette même salle où j’ai assisté, il y a quelques jours, au récital d’Itzhak Perlman. Les salles de concert ont leur spécificité, au-delà de leur rentabilité. Sur le coup de vingt-trois heures, les mélomanes de la Philharmonie ont fait une longue et juste ovation à l’Orchestre de l’Opéra de Paris et à son chef, à son chœur (déjà magnifiquement schoenbergien depuis certain Moïse et Aron qui a ouvert la saison) renforcé par le Chœur Philharmonique de Prague, aux cinq chanteurs (le superbe Waldemaar d’Andreas Schager, Irène Theorin, Sarah Connolly, Andreas Conrad et Brigitte Fassbaender) ainsi qu’au doyen de l’entreprise, rôle parlé, mais quelle véhémence pour ce nonagénaire, ce vétéran de Bayreuth : Franz Mazura – notre Dr Schon dans la mémorable Lulu de Garnier en 1979. La tirelire Ecouter les Gurre-Lieder dans une exécution aussi luxueuse est un bonheur, spécialement en période de vaches maigres ; le retour sur l’une de nos scènes musicales de ce cycle titanesque n’est pas programmé et je conseille vivement aux amateurs de se consoler avec quelques enregistrements dirigés au choix par Claudio Abbado, Pierre Boulez, Eliahu Inbal, Zubin Mehta, Seiji Ozawa ou Giuseppe Sinopoli, que de grands chefs qui adorent les grandes œuvres. Pour l’occasion et pour l’amour de Schoenberg (toujours assez mal aimé, je dois dire), les compagnies de disques ont visiblement vidé leur tirelire. Petits théâtres pauvres s’abstenir…. Serge Prokofiev, aquarelle d’Oleg, l’un des deux fils du compositeur, décédé en août 1998 sur l’île de Guernesey Les 65 personnages … S’abstenir aussi face à l’opéra qui compte le plus grand nombre de rôles chantés – Guerre et paix de Serge Prokofiev, d’après Tolstoï : 65 personnages, mais quelques chanteurs zélés peuvent se charger le même soir de plusieurs d’entre eux. C’est au moment où l’Allemagne nazie envahit la Russie stalinienne que l’auteur de Pierre et le loup, de retour dans son pays natal depuis quelques années mais, à sa grande surprise, mal vu des autorités politiques, décida d’œuvrer sur un sujet hautement patriotique. Mal lui en prit : harcelé par les membres du Comité pour les affaires artistiques, il établit trois versions successives, plus ou moins longues, qui s’accompagnèrent de coupes, ajouts et remaniements divers. Rostropovitch, qui considérait Prokofiev comme son père spirituel, témoigne : « Durant les dernières années de sa vie, alors que sa santé se dégradait d’une manière inexorable, Serge Prokofiev était poursuivi par une obsession légitime : espérer que Guerre et Paix, son plus haut chef-d’œuvre, triomphe un jour dans sa version définitive, fruit de tant de labeur. » Ce n’était qu’un rêve… Trente ans plus tard, alors que j’achevais avec Slava un livre d’entretiens (dans sa chambre de l’hôtel Watergate de Washington !), il me dit : « Je veux diriger un jour la version originale complète (complète !!!) de Guerre et Paix. Ici, pas d’argent pour le faire. Peux-tu essayer de monter un projet en France ? » Un devoir de mémoire ! Il s’agissait naturellement d’une version de concert, mais qui nécessitait tout de même un bataillon impressionnant d’intervenants dont un grand chœur et un orchestre très fourni. Grâce aux forces vives de Radio France, grâce à l’intervention de Daniel Toscan du Plantier (alors PDG des disques Erato), son goût des grandeurs, son réseau de relations et sa persuasion, le projet put aboutir (Salle Pleyel, faute d’une Philharmonie pas encore imaginée) et, mieux encore, s’intégrer dans un très vaste cycle Prokofiev étendu sur deux mois qui reste l’un de mes grands souvenirs d’organisateur… Plus tard, l’Opéra de Paris (sur le vaste plateau de Bastille, bien entendu) présentera une production de cet opéra où l’on voit Napoléon, pas vraiment à son avantage. Version légèrement raccourcie…. Ne manquez pas une production russe de l’opéra de Prokofiev que diffusera la chaîne Mezzo le mercredi 27 avril. Version vraiment intégrale ? J’en doute, mais sait-on jamais ? Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason d’avril 2016 : « Ce jour-là, 22 mai 1872 : Pose de la première pierre à Bayreuth »

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