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Musique classique et opéra par Classissima

Claudio Abbado

lundi 26 septembre 2016


Carnets sur sol

11 septembre

Se convertir à Bruckner. Continuer à maudire Barenboim.

Carnets sur sol La subjectivité a ses sinuosités et ses pièges imprévus. Il n'y a pas une semaine, je suggérais (fin de notule) aux spectateurs blasés d'aller (se faire) voir dans les merveilles des formations discrètes dans les petites salles. Et aujourd'hui, je m'apprête à déverser mon fiel sur le plus vieil orchestre d'Europe et mes doutes sur l'un des chefs les plus célèbres au monde. Quelle ironie. 1. Se convertir à Bruckner. Je crois que j'ai accédé depuis peu à Bruckner – en tout cas aux symphonies, j'ai toujours révéré les motets (mais leur filiation mendelssohnienne ne les rend pas du tout aussi spécifiques). J'avais déjà tâché de débrouiller les mots que l'on met sur son orchestration très spécifique, sur les (semi-)préjugés de son tempérament d'organiste. Mais, pour ce qui est de prendre régulièrement du plaisir aux 11 symphonies, ce n'est que dans les deux dernières années que je peux réellement me sentir inclus dans le camp des brucknériens – et, comme cela est naturel, le mouvement s'accompagne presque d'une lassitude pour les (fulgurants) tours d'histrions de Mahler. Doucement, j'ai dit presque. Mais le jeu de balançoire entre les deux, tout artificiel qu'il puisse paraître, se vérifie. François BOUCHER, Bruckner et Mahler sont sur une branche… Huile sur toile issue de la collection Beurdeley. C'est qu'à l'inverse de Mahler qui ne séduit jamais autant que lorsqu'il surprend, et parvient à tenir pendant des dizaines de minutes une tension ininterrompue, Bruckner intéresse au contraire (à l'instar de Wagner) d'autant plus quand on est durablement pénétré de sa logique mélodique, qui permet de mieux sentir les nécessités d'enchaînement qui paraissent autrement assez obscurs, voire arbitraires – si l'on peut même parler d'enchaînements chez quelqu'un qui n'aime rien de plus que de vous laisser frustré en interrompant son discours au milieu d'un climax pour repartir sans transition vers tout à fait autre chose… Lorsqu'on peut précéder la logique qui y préside, le plaisir devient tout autre. Ses points culminants ne sont pas vaine puissance et doublures superflues, mais plutôt la résultante, presque logique, de tous les éléments énoncés patiemment (et, ce qui est atypique, successivement) : l'agglomération de ce qui a déjà été dit. Assez wagnérien donc (façon final du Crépuscule), même si l'aspect de l'orchestration (évidemment !), de l'harmonie et des motifs eux-mêmes l'est rarement, à quelques quasi-citations près. 2. Se préparer à l'expérience. Ayant depuis ce temps accumulé les écoutes, j'étais assez avide d'entendre une musique aussi physique en concert, et pour laquelle je m'étais beaucoup préparé à coups d'intégrales entiers. D'autant que mes trois seules expériences (n°2 OPRF Inbal , point de départ d'un intérêt progressivement renouvelé, n°5 OP P.Järvi , n°9 OPRF Inbal ) furent d'éclatantes réussites. Je ne m'abusais pas complètement, j'avais conscience de qui j'allais entendre, et j'avais même écouté en partie la nouvelle intégrale Barenboim (en plus des deux précédentes déjà explorées) – jolie, des détails intéressants, quoique vraiment lent, épais et surtout assez figé. Toutefois, pas d'alarmes, mes goûts brucknériens sont assez tolérants, bien sûr tournés vers la sècheresse d'Andreae ou Venzago , mais aussi vers les grands ensembles de Jochum-Berlin et même de l'intégrale Karajan, assez peu aimée des brucknériens ; pour une fois, je n'aime pas forcément plus les lectures cursives de Neuhold que le classicisme apaisé et les couleurs mozartiennes de Masur… un peu tout en somme, sauf les lectures vraiment épaisses, grumeleuses et opaques. Et encore, Celibidache avec le Philharmonique de Berlin m'enchante dans la Septième, lentissime mais d'une intensité exceptionnelle – chose qui ne le caractérise pas vraiment d'ordinaire, plutôt tourné vers son propre système contemplatif bouddhico-bizarre. Entre le caractère impérieux des masses sonores, la magie propre du concert – son attention propre et toutes les autres dirigées vers le même endroit, il y a là une forme de légitimité collective qui se révèle un puissant adjuvant pour aimer ce qu'on aurait trouvé indifférent, voire désagréable, au disque –, la découverte en salle de cet orchestre quasi-légendaire (vers 1570 !), et tellement avenant au disque, sous Suitner (entre 1964 et 1990), puis sous Barenboim depuis 1992… je pouvais être confiant sur ma propension à m'émerveiller. Par ailleurs, si je n'ai jamais trop vu la singularité (en tout cas positive) de Barenboim, quelques signes intéressants se sont manifestés récemment, avec une intégrale Schumann d'une clarté, d'une nervosité et d'une qualité de coloris qu'on ne lui avait jamais entendues auparavant. Un Schumann ample, mais certainement pas pâteux – un peu à la façon des sérénades de Mozart par Colin Davis, rien moins que baroqueuses, mais révélant mainte moirure qui rendra tout aussi bien justice aux œuvre. Autant ses Beethoven étaient très réussis mais assez « standards » dans leur filiation traditionnelle, autant il semblait essayer quelque chose de neuf dans ses Schumann, pourtant un répertoire qui aurait dû exalter les limites de sa pâte très homogène et de ses articulations peu incisives. 3. Continuer à maudire Barenboim. Empêché pour le concert de la Cinquième de Bruckner (et manqué le Barenboim pianiste, que j'ai en revanche toujours grandement prisé), je fais donc connaissance avec la Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboim hier soir, pour la Septième Symphonie. Autant je pouvais craindre un manque de lisibilité et de tenue dans les élans fugués de la Cinquième (ou un excès de monument dans ses grandes verticales), autant la Septième me paraît taillée sur mesure pour Barenboim, ne souffrant guère de la lenteur ni de l'ampleur. Au contraire, sa générosité thématique, avec des lignes plus longues que dans les œuvres précédentes, permet d'étirer à loisir tempo et pâte sans perdre de vue l'essentiel – attitude beaucoup plus dommageable aux deux premières symphonies numérotées, par exemple. Depuis l'arrière-scène, une fois de plus l'occasion de mesurer les propriétés de cathédrale de la Philharmonie de Nouvel… Le retour du son, dans les endroits les plus proches de la scène (sauf à être dans les premiers rangs et à ne recevoir quasiment qu'un son direct), subit une réverbération très longue – sans compter, dans le Mozart, il y avait au bas mot cinq secondes de rémanence trouble à la fin des mouvements (sept, c'est Saint-Sulpice, le genre de lieu où il est quasiment impossible physiquement de produire de la musique audible). Le concerto pour vents (hautbois, clarinette, basson, cor) de Mozart – ou quelqu'un d'autre… il en a écrit un, mais on n'est pas complètement persuadé que ce soit celui-là ! – était bien sûr joué à l'ancienne, assez peu vif d'esprit et d'articulation ; après l'impression fugace d'entendre Böhm avec le Philharmonique de Berlin, c'est plutôt le sentiment d'épaisseur qui domine ; même avec un petit orchestre (trois contrebasses tout de même, pour un concerto mannheimois), le résultat tire résolument vers le pâteux. Là aussi, je n'ai pas de doctrine forte : je n'ai rien contre un Mozart moelleux et voluptueux, et je ne cherche pas tout prix le boyau dans ce répertoire… mais aussi lent, pour une œuvre d'une densité musicale mince (le classicisme est toujours périlleux en salle, mais quand c'est du mauvais Mozart, c'est d'autant plus difficile), l'ensemble finit par paraître pauvre et inutilement long. Van Dyck, Putto de CSS jouant avec le gras de Barenboim. Au demeurant, l'orchestre est loin d'être laid ; des cordes vraiment allemandes, très rondes et homogènes, une très belle clarinette solo transparente, presque acide, et le hautbois solo d'orchestre pendant le concerto (second hautbois, une dame, je vérifierai plus tard, leur site ne fait pas la part belle aux musiciens) disposait aussi d'une belle franchise et d'un atypique et séduisant vibrato. C'est avant tout ce qu'en fait Barenboim – c'est pareil lorsqu'il dirige la Scala, Berlin et même dans certains cas Chicago. Après avoir attendu patiemment la fermeture du robinet de Mozart (en finissant par penser vaguement à autre chose), arrive l'œuvre attendue (mais pourquoi prendre une heure de notre vie, entracte inclus, pour faire semblant de jouer Mozart, alors que personne ne vient pour ça ?), voici la Septième Symphonie de Bruckner. Je tiens à m'en excuser tout de suite, le public était manifestement très content, les commentaires lus d'autres mélomanes enthousiastes (même ceux qui n'avaient pas aimé la Cinquième de la semaine dernière), on a confié de grandes maisons à ce chef vénérable, qui a bien davantage étudié la musique que moi, et je ne prétends surtout pas avoir raison contre tout le monde. Je ne puis néanmoins dire que ce que j'ai entendu, à tort (vraisemblablement) ou à raison. Première chose qui frappe, l'épaisseur, du son (où sont passées les parties intermédiaires ?) comme de l'esprit. L'œuvre se prête bien à la lenteur, mais cela n'inclut pas nécessairement les trémolos prosaïques – et même, au premier mouvement, des tutti assez peu homogènes. → À propos de trémolos, assez étonné de voir pendant une assez longue période des trémolos réalisés dans le sens inverse (et entre le violon solo et le chef d'attaque derrière lui !), très rare dans les orchestres de très haut niveau, je me demande pourquoi. Quelle œuvre éprouvante pour les poignets, cela dit (trémolos à peu près permanents aux cordes). Étrangement, le deuxième mouvement est assez rapide, ce qui n'empêche pas l'absence à peu près totale de tension : même les grandes marches harmoniques enflent très lentement et calent. C'est même vérifiable visuellement : Barenboim suggère beaucoup les effets de masse et de souffle (littéralement), et agit beaucoup moins sur les progressions. Plutôt qu'une mutation progressive vers le climax, j'y entendais une vaste flaque, où toutes les ruptures étaient gommées, dans un climat plus morose que véritablement intense. Ce n'est pas une question de niveau, il n'y avait pas à redire sur la réalisation technique (sauf sur le climax très opaque, saturé de lignes de cordes secondaires au détriment des parties thématiques aux cuivres), mais plutôt de conception : le grand choral n'était jamais présenté comme une rupture, mais comme un simple thème secondaire, et son articulation très legato lui ôtait son caractère affirmatif, presque verbal. J'ai beau chercher, je ne vois pas bien l'intérêt du parti pris (sauf à supposer que plus homogène et plus legato est forcément meilleur). Le scherzo siégeait évidemment sur le versant massif (lourd, plus exactement) et pas du côté de la danse ou du folklore. D'une manière globale, je n'ai pas réussi à être intéressé par ce qui m'a semblé le plus caractéristique de la vision de Barenboim : spectre sonore bouché (cordes thématiques quasiment seules audibles), refus de la rupture (ce qui rendait certains passages peu intelligibles, puisque précisément fondés sur la discontinuité), vision de Bruckner comme un grand aplat immobile. C'est précisément ce dernier point qui est le plus frustrant, puisqu'on a vite l'impression d'entendre sans cesse le même climat, sans altération, au sein d'un langage qui ne brille déjà pas, au naturel, par sa variété. Putto de CSS constatant l'ampleur des lignes intermédiaires inaudibles. Détail en stuc de l'Oratorio del Santissimo Rosario di San Domenico, à Palerme. J'étais très envieux de mon voisin, totalement conquis (comme à peu près toute la salle, semble-t-il), qui prenait de grandes inspirations au moment des articulations-clefs, et qui semblait jubiler complètement, confiant à sa femme tout ce que j'aurais aimé entendre sur la qualité de construction des crescendos, des retours thématiques… Ce n'est pas faute d'avoir essayé d'écouter l'œuvre toute nue, de ne pas prêter garde à l'interprétation, et de tout simplement profiter du plaisi d'entendre l'œuvre en vrai (pour la première fois de surcroît !). Ça fonctionne assez bien d'ordinaire, mais j'étais déjà trop frustré de m'enfermer alors que le temps invitait à la balade en forêt profonde, ou trop irréconciliablement éloigné de ce que proposait Barenboim – et Bruckner (comme Meyerbeer par exemple) est fragile, il peut devenir pénible s'il est interprété à rebours de sa logique musicale propre. Alors que Beethoven, y compris massacré autant qu'on voudra, restera toujours jubilatoire, ses ressorts étant différents. Croyez bien que je suis fort fâché (et passablement honteux) de sortir d'un concert aussi prestigieux en émettant une réprobation si uniforme (à défaut, je l'espère, d'être trop outrancière), mais elle reflète si bien tout ce qui m'a tenu éloigné de Bruckner – l'extériorité, l'immobilité, le tapage, l'odeur de moisi. Je me suis demandé aussi la raison de cette disposition des seconds violons et altos à droite (donc instruments tournés loin de la majorité du public) qui ne faisait que renforcer le déséquilibre au détriment des parties intermédiaires, sans que la nécessité antiphonique soit très évidente dans Bruckner. 4. Dans/pour le public. La salle, pleine, semblait très satisfaite. Sans être au point du délire, l'accueil était très chaleureux, et l'essentiel du parterre, de l'arrière-scène et quelques portions du second balcon se sont levés pour acclamer Barenboim (et non l'orchestre, c'était très clair). Je n'ai pu, en toute honnêteté, faire de même, et ai joué seul les vilains petits canards blasés. Public d'initiés manifestement : pas de toux, ni d'applaudissements entre les mouvements… en revanche, dès que le premier musicien a cessé de pousser ou de souffler, alors que la salle était encore complètement saturée de résonance, des avalanches d'applaudissements que j'ai trouvées un rien philistines. Il est vrai que, même depuis le parterre (où l'on m'a gracieusement replacé), l'acoustique un peu grumeleuse a sans doute accentué les problèmes, et l'orchestre n'a sans doute pas eu le temps, comme les intervenants réguliers, d'en tirer le meilleur parti. Barenboim maîtrise par cœur les œuvres du soir, ce qui force l'admiration – mais en même temps, vu l'étendue très relative de son répertoire, ça relativise, sûr que c'est plus difficile à assurer pour Antoni Wit, Gerd Albrecht ou Lothar Zagrosek… [Par ailleurs, il en est quasiment toujours resté aux mêmes éditions des symphonies de Bruckner, ce qui facilite d'autant la tâche.] Il prodigue de nombreuses grimaces à ses musiciens, faisant mine des les gourmander, sans qu'il soit possible de déterminer s'il leur reproche leur manque d'attention à ses consignes ou les incite simplement à prendre du plaisir aux belles choses qu'ils font déjà. Dernière anecdote, l'impression bizarre lorsque le chef d'attaque à la droite du second violon solo se précipite pour lui tendre le verre d'eau au pied du podium ; évidemment, il n'est pas prudent, à son âge, de faire cambrer le Maître du haut de son piédestal, mais l'empressement fébrile, aussi bien pour le tendre que le reposer, a quelque chose d'un culte monarchique un peu suranné, l'impression d'apercevoir une figure semi-divinisée – et la réaction du public ne fait que prolonger l'atmosphère. Pourtant, Barenboim n'est pas une superstar populaire comme d'autres chefs, mais sa célébrité et sa cote de sympathie chez les mélomanes semble décidément très élevée. Pour ma part, je n'ai jamais beaucoup prisé Barenboim, toujours assez épais et opaque, et contrairement à bien de ses contemporains (Abbado et surtout Mackerras, au contact des interprétations musicologiques, Muti au sein de son style propre, mais même Haitink…), n'a jamais semblé évoluer dans ses conceptions, comme s'il n'avait jamais réinterrogé les pratiques de ses débuts, ou jamais écouté ce qui se produisait autour de lui. Au sein d'un legs rarement indispensable, il existe cependant de très beaux disques : son Elektra avec Polaski, certains de ses Wagner (Tannhäuser par exemple, Tristan bien sûr), ses concertos de Mozart (surtout grâce au pianiste qu'il est, certes), les symphonies de Beethoven avec la Staatskapelle Berlin, et par-dessus tout ses Schumann très singuliers ce même orchestre. Pour la Staatskapelle Berlin, la sélection serait immense, je renvoie à celle de la notule qui y est consacrée . 5. Aimer Bruckner. Après avoir démoli à peu près tous les aspects de ce que propose Barenboim, je puis difficilement m'esquiver sans proposer quelques médications (et occasions de se gausser de moi, c'est de bonne guerre). Dans la Septième Symphonie, pas mal de possibilités : ¶ les tradis, où l'ampleur générale et la densité du pupitre de cordes sont capitales : Jochum-Berlin, Celibidache-Berlin, Karajan-Berlin, Jochum-Dresde ; ¶ les hédonistes, où les équilibres timbraux sont particulièrement choisis : Suitner-Staatskapelle Berlin, Jansons-Concertgebouworkest, Venzago-Bâle (inhabituellement modéré), Chailly-DSO Berlin ; ¶ les dramatiques, davantage tournés vers la construction, parfois avec une certaine noirceur (Sanderling !) : P.Järvi-Radio de Francfort (Hesse), Böhm-Radio Bavaroise, Giulini-Philharmonia, Sanderling-Stuttgart ; ¶ les classiques, apaisés et épurés, tel Masur-Gewandhaus ; ¶ les cursifs, plus rapides et directionnels, au besoin violents, comme Kreizberg-Wiener Symphoniker (très doux, lui), Furtwängler-Berlin (1942), Andreae-Wiener Symphoniker, Mravinsky-Leningrad ; ¶ et bien sûr les réductions et transcriptions : l'Adagio réduit pour piano par Bruckner (par Fumiko Shiraga, strates miraculeuses ) ; celle de la symphonie entière pour dix musiciens, c'est-à-dire quintette à cordes (deux violons, alto, violoncelle, contrebasse), clarinette, cor, piano à quatre mains et harmonium, commandée par Schönberg à Erwin Stein, Hanns Eisler et Karl Rankl, dont il existe au moins deux superbes réalisations, le Thomas Christian Ensemble chez MDG et le Linos Ensemble chez Capriccio. De quoi se rassasier largement sans recourir à Barenboim (dont les intégrales ne sont pas vilaines, sans se distinguer particulièrement non plus). Pour le cycle complet, le choix ne manque pas parmi les grandes versions très habitées (Andreae, Jochum, Karajan, Inbal, Chailly, Skrowaczewski, Venzago…) ; pour ma part, je trouve particulièrement satisfaction dans la nouvelle intégrale d'Inbal sur le vif à Tokyo (Orchestre Métropolitain, chez Exton), particulièrement intense, Jochum à Dresde (surtout pour la première moitié du cycle, et il faut apprécier les cuivres très acides et même tout à fait stridents), Masur à Leipzig (d'une paix incroyable, sans être le moins du monde relâché). 6. Le point acoustique Pour terminer, je remarque une difficile réacclimatation à l'acoustique de la Philharmonie : il est assez désagréable de ne pas entendre le son directement, voire de l'entendre brouillé par une réverbération très généreuse, et même de très bonnes places, très proches de l'orchestre. Seuls endroits d'où l'on entend (très) bien, là où l'on est le plus loin, parce que le son, quoique réverbéré, ne nous parvient qu'en une fois, et non avec l'écho de toute la longueur de la salle. Les qualités sonores de cette salle asymétrique peuvent d'ailleurs drastiquement varier d'un côté à l'autre, et même à quelques sièges de distance dans le même bloc. Il faut un certain temps pour isoler les bons endroits, et les places les plus chères ne sont pas extraordinaires à vrai dire. Le concept des nuages était super mignon (et les espaces sont particulièrement beaux, comme derrière le parterre, dommage de ne pas les aménager !), mais forcément, pour de la musique qui réclame l'audition de parties intermédiaires et une certaine précision, c'était clairement une fausse bonne idée. Espérant que vous ne lui tiendrez pas trop rigueur de ces bougonneries qu'elle a tenté de circonstancier, la joyeuse cohorte des korrigans & putti de céans vous donnent rendez-vous bientôt pour des aventures plus agréablement exemplaires et édifiantes.

Carnets sur sol

8 septembre

Voir le discours musical

Expérience intéressante : la retransmission de la Huitième Symphonie de Mahler à Lucerne. Abbado devait la jouer il y a quelques années, mais, malade, n'avait pu le faire ; aussi Chailly a-t-il complété cette année le dernier volet manquant au cycle. Ce n'est pas un événement en manque de publicité, il a été diffusé sur Arte (avec sous-titres, même), et a bien sûr fait très rapidement surface en ligne (pas sûr qu'il y reste, il y a apparemment un partenariat avec Medici.tv qui vend ses vidéos à la demande), pourquoi le mentionné-je ? Deux impressions étonnantes à partager. ¶ Contre toute attente, j'ai trouvé une certaine parenté avec la manière d'Abbado dans le résultat – ce qui est d'autant plus étrange que les musiciens ne sont pas du tout les mêmes qu'à l'époque de la Résurrection, et que Chailly n'a pas en général les mêmes tracés ronds et enveloppants, plutôt tourné vers le coloris. Est-ce de l'autosuggestion, je ne puis dire – elle est surprenante dans la mesure où je suis beaucoup plus attiré par Chailly et n'y cherche donc pas du tout d'Abbado… ¶ La réalisation vidéo, la plaie des retransmissions, en est exemplaire à un point spectaculaire : chaque entrée est documentée par un changement de plan, qui démarre très exactement au moment où les musiciens la jouent. En régie, Ute Feudel doit avoir assisté à toutes les répétitions et avoir la main sur la partition en permanence ! Les départs sont donnés avec la même précision que si la réalisatrice était le suggeritore embauché par Chailly, ce qui permet de documenter chaque entrée de chaque tuilage, et d'avoir toujours les yeux sur l'action. Épatant, il faudrait plus de vidéos de cette qualité (sur des œuvres plus accessibles) pour initier les néophytes à l'écoute symphonique. Bien sûr, cela réclame une armée de cameramen pour disposer à chaque instant de tous les angles nécessaires… Sinon, le résultat musical est bien sûr très beau – quand on joue Mahler avec de grands musiciens, c'est suffisamment écrit pour rendre forcément un effet convaincant, ce n'est pas une musique fragile comme peuvent l'être Schubert ou Schumann –, très intense, très juste. Côté vocal, les chœurs sont très beaux (de grandes références : Radio Bavaroise, Radio Lettonne, Orfeón Donostiarra et le Tölzer Knabenchor), mais ce n'est pas trop la fête du côté des solistes – si Ricarda Merbeth demeure inébranlable (à défaut de grâce ineffable), Juliane Banse semble être en méchante méforme (son émission arrière, qui lui a toujours fait des aigus difficiles, ne pardonne pas en cas de mauvais soir), Andreas Schager force étonnamment (la partie est impossible avec beaucoup d'aigus très hauts, très longs, très doux et très puissants à la fois, très peu de ténors s'en sortent bien), Peter Mattei semble aussi forcer un peu sa nature (pour passer l'orchestre avec son émission douce), et Samuel Youn détimbre assez désagréablement, du moins en retransmission (ce semble plutôt lié à la nature même du placement). Restent Sara Mingardo, qui m'a toujours paru minuscule, et qui semble, plus de dix ans après la dernière fois où j'ai dû sortir le cornet acoustique (au quatrième rang dans du Vivaldi…), se promener sans difficulté au milieu de cet orchestre pléthorique (syndrome Stutzmann, Mahler la rend soudain très sonore ?), et bien sûr Mihoko Fujimura, au hiératisme irrésistible (son répertoire est étroit, mais en contrepartie, elle est toujours la meilleure partout !). Un rien décevant, donc, par rapport à l'affiche vocale, mais tout est emporté avec un bel enthousiasme, pas de panique, tout va bien. Quoi qu'il en soit, si l'on n'a pas la partition d'orchestre sur les genoux, regarder cette vidéo est le meilleur conseil possible pour entrer dans la logique de la symphonie, remarquable. [Mais non, je vous en prie.]




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3 septembre

ARTE : grand cycle Beethoven en octobre

ARTE, cycle Beethoven : les 2,9,16,23,30 octobre 2017. Chaque dimanche d’octobre 2016, ARTE développe tout un cycle dédié au génie de Beethoven. Au programme : concerts de très haut niveau (récitals de piano, séquences symphoniques…) et documentaires. Voyez entre autres, actualité récente oblige… le Concerto pour piano n°3 interprété par lauréat du Prix Reine Elisabeth 2016, le Tchèque Lukáš Vondráček ou encore, le n°4 joué par Hélène Grimaud. Quant à la célèbre Neuvième Symphonie, aboutissement de toute une odyssée musicale qui bouleverse l’écriture orchestrale en inaugurant de plein fouet le feu romantique, elle est diffusée dans la version qu’en avait donné l’Orchestre de Paris dirigé par Philippe Jordan pour son cycle Beethoven lors de la saison 2014/2015 à l’Opéra national de Paris. Le documentaire « L’Affaire Beethoven » revient sur la vie mouvementée de l’artiste, tandis que « Nom de code : Sonate au clair de lune » donne à découvrir la pianiste allemande Elly Ney, interprète pactisant avec Hitler… Soit 10 rvs proposés tout au long des 5 dimanche d’octobre 2015… Dimanche 2 octobre à 18h Hélène Grimaud interprète le concerto n°4 de Beethoven La très charismatique Hélène Grimaud est certainement l’une des grandes concertistes de notre époque. Dans la Salle dorée du Musikverein de Vienne, elle joue le concerto n°4 en sol majeur opus 58. Ce concerto a été composé dans les années 1805/1806, période de création très féconde. C’est aussi à cette période qu’ont été créés le concerto pour violon et Fidélio, l’unique opéra du compositeur. Au pupitre des Wiener Symphoniker, Manfred Honeck ancien directeur général de l’Opéra de Stuttgart, qui préside actuellement aux destinées du Pittsburg Symphony Orchestra. Née en 1969, Hélène Grimaud a commencé le piano à six ans et sorti son premier disque à seize. Elle a fait ses débuts en 1990 aux USA. C’est une femme très engagée qui milite pour les Droits de l’homme et pour l’environnement, avec une attention toute particulière pour la protection des loups. Elle a ainsi cofondée le Wolf Conservation Center à South Salem/New York en 1999. Son autobiographie a paru sous le titre Variations sauvages. Elle vit depuis 2005 en Suisse. Réalisation : Agnes Méth Compositeur : Ludwig van Beethoven Direction: Manfred Honeck Orchestre: Wiener Symphoniker Avec : Hélène Grimaud (piano) A revoir pendant 93 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv Dimanche 2 octobre à 23h55 L’affaire Beethoven (docu, 2013) Comment Beethoven a-t-il pu, après être devenu sourd, composer certains de ses plus grands chefs d’œuvre ? Dans son testament, Ludwig van Beethoven révélait qu’il était déjà presque entièrement sourd à l’âge de 31 ans. En d’autres termes, la majorité de ses oeuvres pionnières – en tout trente-deux sonates pour piano, seize quatuors à cordes, l’opéra Fidelio et ses neuf symphonies mondialement connues – ont été composées alors qu’il était lui-même incapable de les entendre. Ces vingt-cinq années de création restent une énigme dans l’histoire de la musique. Ce documentairecherche à l’élucider en explorant les relations entre la maladie et l’oeuvre de cet artiste de génie. Comment Beethoven a-t-il trouvé la force de se battre contre la progression de ses troubles auditifs ? Quelle influence ont-ils eue sur sa création ? Si l’on se représente volontiers le compositeur comme un personnage irascible et revêche, on le découvre ici sous une facette moins connue, comme un jeune homme combatif, plein de fougue et de joie de vivre. Documentaire de Hedwig Schmutte et Ralf Pleger (Allemagne, 2013, 52mn) Dimanche 2 octobre à 23h55 à minuit 45 (OOh45) Lucerne Festival: Symphonie n° 5 en ut mineur de Beethoven, op. 67 Le 75ième anniversaire du Festival de Lucerne en 2013 a permis d’entendre de merveilleux concerts, dont la Cinquième de Ludwig van Beethoven avec le Mahler Chamber Orchestra dirigé par le jeune chef espagnol Pablo Heras-Casado. La Cinquième de Beethoven dite “Symphonie du Destin” est l’une des oeuvres les plus connues de la musique classique. Pourtant, lors de sa première le 22 décembre 1808, le succès n’était pas vraiment au rendez-vous avec des musiciens qui n’avaient pas assez répété et une salle qui n’était pas chauffée ! La situation était nettement plus favorable à Lucerne. L’Espagnol Pablo Heras-Casado est d’un grand éclectisme dans ses choix musicaux. Venu de la musique ancienne, il s’est ensuite tourné vers le romantisme et les oeuvres modernes. Il est régulièrement invité par les Philharmonies de Berlin et de Munich, le Cleveland Orchestra, l‘Orchestre Philharmonique de Radio France et le Mahler Chamber Orchestra. Le Mahler Chamber Orchestra a été créé en 1997 par Claudio Abbado et d’anciens membres de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler. Cet orchestre de haut vol est composé de 45 musiciens originaires de 20 pays et est l’invité permanent du Festival de Lucerne depuis 2003. Réalisation : Michael Beyer Compositeur : Ludwig van Beethoven Direction : Pablo Heras-Casado Orchestre : Mahler Chamber Orchestra A revoir pendant 90 jours sur ARTE Concert : concert.arte.tv Dimanche 2 octobre à 01h25 Martha Argerich joue Beethoven : Concerto pour piano n°1 Une des oeuvres les plus allègres de Beethoven, interprétée par la flamboyante pianiste d’origine argentine. Le 24 avril dernier, au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, Martha Argerich, icône pianistique mondiale, a interprété le Concerto pour piano n° 1 de Beethoven, l’une des œuvres les plus enthousiastes du compositeur. Un concert auquel la musicienne apporte tout le souffle lyrique de son jeu. Dès l’âge de 8 ans, Martha Argerich, enfant prodige, a été capable d’interpréter cette oeuvre en concert. Et si, depuis quelques années, cette femme de caractère ne joue, plus qu’en formation de chambre ou avec orchestre, chacune de ses prestations fait événement, tant elle est considérée comme l’une des plus grandes pianistes de son époque. Dimanche 9 octobre à 17h50 PHILIPPE JORDAN DIRIGE LA 9ÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN Programme : Fantaisie pour piano, chœur et orchestre en ut mineur, op.80 Symphonie N°9 en ré mineur, op.125 de L.W. Beethoven Tout au long de la saison 2014-2015, ARTE a accompagné le projet ambitieux de Philippe Jordan et de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris : l’interprétation complète des symphonies de Ludwig van Beethoven. Pour clore en beauté ce Cycle Beethoven, Philippe Jordan, les Choeurs et l’Orchestre de l’Opéra national de Paris ont joué à l’Opéra Bastille le 17 juin 2015 l’ultime symphonie du compositeur allemand. La titanesque Symphonie n°9 s’enroule autour d’une structure classique en quatre mouvements, dont chacun se développe puis se déploie de manière grandiose. Toutefois innovante, sa composition dépasse les proportions de la symphonie classique, tant par l’ampleur de son orchestre, que par l’apparition d’instruments qui ne sont présents ni chez Mozart, ni chez Haydn, comme la flûte piccolo, le trombone et le contrebasson. Cette œuvre monumentale s’achève sur un paroxysme majestueux, dont l’aspect dramatique est renforcé par un chœur et un quatuor de voix solistes, qui font résonner le poème « L’Ode à la joie » de Schiller. Direction musicale : Philippe Jordan Orchestre de l’Opéra National de Paris Chœur de l’Opéra National de Paris Chef des chœurs : José Luis Basso Réalisation : Vincent Massip (2015-73’) Coproduction : ARTE France et Telmondis Dimanche 9 octobre à minuit (00h) Nom de code : Sonate au clair de lune Elly Ney, pianiste sous le régime nazi UNE BEETHOVENIENNE ET LES NAZIS… Pianiste élevée au rang de mythe, Elly Ney a voué sa vie au culte de Beethoven. Mais pour d’autres, elle reste avant tout une artiste inféodée à Hitler. Autour de 1900, les compositions de Beethoven passaient pour injouables par des femmes, émanant d’un titan puissant et viril. Puis la pianiste Elly Ney (1882- 1968) vint et s’identifia – y compris physiquement, avec un regard habité et une volumineuse tignasse – au compositeur. Après des débuts au Carnegie Hall et une brillante carrière aux États-Unis, elle préféra célébrer des grand-messes en l’honneur de son idole, lisant notamment lors de ses concerts le fameux “testament de Heiligenstadt” écrit en 1802 par un Beethoven très déprimé. Mais celle qui se considérait avant tout comme une musicienne populaire se laissa aussi séduire par l’idéologie nazie, et en particulier par l’antisémitisme, à l’instar de Leni Riefenstahl ou de Winifred Wagner. À travers photos, extraits de films, lettres et témoignages, ce documentaire retrace son parcours, en s’interrogeant à la fois sur le rôle qu’elle joua pour populariser Beethoven, lui-même récupéré par la propagande nazie, et sur son engagement pour le régime hitlérien. Seule pianiste allemande de son temps à pouvoir s’affirmer au niveau de ses collègues hommes (Artur Schnabel, Wilhelm Backhaus et Wilhelm Kempff), elle a laissé des enregistrements légendaires des oeuvres pour piano de Beethoven, tant son jeu singulier différait de celui de ses contemporains. Dimanche 9 octobre à 00h50 Philippe Jordan dirige les symphonies n°1 et n°3 de Beethoven Concert (2014, 1h18mn) Réalisation : Vincent Massip Sous la baguette du directeur musical de l’Opéra de Paris, les célèbres Symphonie n° 1 en ut majeur op. 21, et Symphonie n° 3 en mi bémol majeur op. 55, dite “Eroica”. Dimanche 16 octobre à 17h50 Beethoven : Concerto pour piano n°3 Lauréat du Reine Elisabeth 2016, le pianiste tchèque Lukas Vondráček interprète le Concerto pour piano n°3 en ut mineur de Beethoven. Le lauréat du Concours Reine Elisabeth de cette année a acquis instantanément les faveurs du jury et du public. Ce Tchèque qui a donné son premier concert à l’âge de 16 ans et s’est produit au Carnegie Hall à 16. Il a joué avec les plus grands chefs (Vladimir ashkenazy, Christoph Eschenbach, Paavo Jörvi). Inventivité, expressivité et technicité sont les maître-mots pour ce soliste qui met ici tout son talent dans le Concerto pour piano n° 3 de Beethoven, le seul de ce type que le compositeur ait écrit en mode mineur. Réalisation : Benoît Vietlin 2016, 43mn Orchestre National de Belgique Dimanche 23 octobre à 18h15 Le concerto pour violon de Beethoven par Nikolaj Znaider et Riccardo Chailly Orchestre Gewandhaus Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly Fils de parents israélo-polonais né en 1975 au Danemark, ce musicien est à la fois un brillant chef d’orchestre et un violoniste hors pair qu’on s’arrache aux quatre coins du monde. Dans le cadre de la coopération entre le Gewandhaus de Leipzig, la chaîne allemande MDR et Arte, il a interprété le Concerto pour violon en ré majeur opus 61 de Beethoven, incontestablement l’une des œuvres majeures du compositeur. Réalisation : Michael Beyer, 2014, 43mn Dimanche 30 octobre à 18h30 Beethoven, Symphonie n°6, “Pastorale” Plus connue sous le nom de « La Pastorale », la sixième symphonie de Beethoven traduit l’inspiration qui pouvait venir de la nature et de la campagne à un compositeur atteint de surdité. Un merveilleux concert proposé par le FSO dans le cadre de sa coopération avec la télévision publique finlandaise. Mais en génie libre et capable d’ivresse poétique inédite, Beethoven ne décrit pas le miracle de la nature : il l’exprime par un langage qui comme les Quatre Saisons de Vivaldi saisit par sa justesse expressive et dans l’écriture symphonique, la subtilité de l’orchestration… Réalisation : Anu Holttinen Finlande/France, 2016, 43mn Orchestre symphonique de la radio finlandaise FSO sous la direction de Hannu Lintu

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31 août

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2 (50cd, Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2. Deutsche Grammophon édite le 2ème coffret « The Originals », ou « Legendary recordings », perles de son catalogue légendaire où l’on retrouve plusieurs chefs pianistes, orchestres, chanteurs de légende dans des oeuvres particulièrement bien défendues et qui ont fait la notoriété de la marque depuis l’après guerre. Paru en novembre 2014 (il y a un peu moins de 2 ans, CLIC de CLASSIQUENEWS), le premier coffret The Originals, première moisson sélective de 50 cd à écouter d’urgence, était dans sa robe bleue , d’un indiscutable apport. Déjà, le mélomane, connaisseur ou curieux y retrouvait pour son plus grand profit, les chefs à tempérament dont Evgeny Mravinski, Karl Böhm, Karajan, Bernstein, Abbado, Fricsay, Kubelik… l’organiste Helmut Wacha (toujours indépassable dans Bach ainsi dès 1956), les pianistes Emil Gilels (dont 2016 marque le centenaire), Maurizio Pollini et le baryton D Fisher-Dieskau … chacun dans des lectures effectivement marquantes. Les orchestres ici représentés sont l’Orchestre Lamoureux, l’Orchestre de l’opéra de Berlin, la Chapelle de Dresde, le Symphonique de la radio bavaroise, le Wiener Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin, surtout le Berliner Philharmoniker… Mêmes grands interprètes dans le nouveau coffret de 50 cd (dan sa livrée blanche cette fois), publié en septembre 2016, et dans des choix de répertoires différents, non moins convaincants : écoutez entre autres les Symphonies de Tchaikovsky par à Vienne en 1956 : indémodables, fascinantes). A leur geste superlatif s’ajoute les tempérament et caractère d’autres artistes qui comptent aussi et font le nouvel intérêt du présent coffret absolument incontournable : le violoniste Nathan Milstein dans JS Bach (1974), ABM soit le pianiste Arturo Benedetto Michelangelo dans les Concertos pour piano de Beethoven sous la direction de Carlo Maria Giulini en 1979 ; joyau romantique français serti par Igor Markevitch, Paris, Salle de la Mutualité en 1961 : Symphonique Fantastique de Berlioz et ouverture Anacréon de Cherubini ; les Symphonies de Brahms par Eugen Jochum et le Berliner Philharmoniker en 1953 et 1956 ; les Chopin dont les 24 Préludes par Martha Argerich (1974) ; les Quatuors de Debussy et Ravel par le Melos Quartett (1979) ; Les Smetana de Ferenc Fricsay (dont la Maldau, Berliner Philharmoniker, 1960) ; évidemment l’Amour Bruno / L’Amour Sorcier de Falla par la sublime Grace Bumbry et Lorin Maazel en 1965 ; Les Sibelius de Hans Rosbaud (1954; avec le Berliner Phil.) … Parmi les oeuvres intégrales lyriques, saluons la réédition des fabuleux témoignages que sont La Création de Haydn par Karajan (1966-1969) ; Les Noces de Figaro de Mozart par Böhm (F-Dieskau, Janowitz, Mathis, Prey, Troyanos, Berlin 1968) ; sans omettre le fameux Rigoletto de Verdi par Giuliani (Capuccilli, Domingo, Cotrubas, Ghiaurov… Vienne 1979), et tout autant, le Freischütz anthologique de Carlos Kleiber signé en 1973 à Dresde (s’il ne fallait conserver q’un enregistrement, par son souffle, sa poésie romantique : ce serait celui là : photo ci contre). 50 cd incontournables pour réviser ses classiques par une colonies d’artistes à la musicalité rayonnante, convaincante, engagée. Prochaine critique complète du coffret THE ORIGINALS, Legendary recordons from The Deutsche Grammophon Catalogue : 50 cd, volume II — parution : septembre 2016, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM — CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. LIRE aussi notre compte rendu du coffret : THE ORIGINALS : The legendary recordons from the Deutsche Grammophon Catalogue, 50 cd, volume I, parution : novembre 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS 2014



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24 juin

Jonas Kaufmann chante les Wesendonck lieder de Wagner

France Musique, jeudi 30 juin 2016, 20h. Jonas Kaufmann chante les Wesendoncklieder de Wagner… Le récital transmis par France Musique crée l’événement : déjà la présence à Paris de Jonas Kaufmann est un rendez vous incontournable mais s’ajoute à cette présence bienvenue, le choix de la partition : exceptionnelle, la version des Wesendonck lieder de Wagner pour voix de ténor, mais un ténor rauque et chaud, aux rugosités amples si incarnées et cuivrées. Tout cela contraste avec la version habituelle pour voix de femme, soprano ou mezzo. Dans un récital discographique dirigé alors par Claudio Abbado édité alors par Decca, Jonas Kaufman, éblouissait dans Wagner (Sigmund bouleversant). Nul doute que l’engagement dramatique et l’acuité émotionnelle, sa gravité et sa tendresse, ce caractère embrasé et ivre (à l’instar de son modèle le ténor Jon Vickers) du ténor Kaufmann illumine la partition. WAGNER REVOLUTIONNAIRE ET FUGITIF… Marié à Minna depuis 1836, Richard Wagner a fui Dresde et la répression contre les libertaires révolutionnaires dont il faisait partie. Le compositeur recherché par les autorités a trouvé refuge au bord du lac de Zurich, en 1849. Sa rencontre avec Mathilde Wesendonck en février 1852 restentit comme un électrochoc. La jeune femme, âgée de 24 ans, est l’épouse d’Otto Wesendonck, industriel fortuné qui doit son essor à la maison des soieries qu’il a fondée à New York. Au choc de cette rencontre humaine, Wagner éprouve une crise artistique majeure que porte sa composition nouvelle Tristan und Isolde, élaboré en 1854, à laquelle se mêle aussi la lecture de Shopenhauer, son scepticisme fécondant: le musicien ressent très profondément la solitude de l’artiste, sa malédiction et son impossibilité à vivre pleinement tout amour salvateur: il a certes, la capacité d’identifier la force rédemptrice de l’amour suscité par la femme, mais contradictoirement, ne peut en réaliser le principe salvateur ici bas. Omniscience, impuissance, solitude, plainte et malédiction: pourtant l’art de Wagner loin de se mûrer en un acte fermé sur lui-même, dans son aspiration exceptionnelle, engendre l’opéra de l’avenir dont Tristan marque l’avènement: opéra romantique, opéra moderne. Dès décembre 1856, vivant l’amour pour Mathilde qui est une nouvelle épreuve de l’impuissance et de la frustration car cette liaison n’a aucun avenir, Wagner compose les premières esquisses de Tristan. Effondré, Wagner, victime de l’amour compose en Suisse deux oeuvres embrasées, du même bois : les Wesendonck lieder et Tristan une Isolde… REVE D’AMOUR EN SUISSE : DE TRISTAN aux WESENDONCK. Les deux cycles amoureux sont taillés dans le même bois, sculptés par un compositeur traumatisé par ses affres sentimentaux… De Siegfried à Tristan. L’attraction de Wagner pour Mathilde s’est violemment manifestée quand Otto Wesendonck, ignorant la situation amoureuse dont il est la victime aveugle, invite le couple Wagner dans l’une de ses villas, et même encourage le compositeur à écrire de nouvelles oeuvres (avril 1857). Exalté par la présence de celle qu’il vénère secrètement, Wagner cesse la composition de Siegfried, et se passionne pour son nouvel opéra, Tristan. A l’été 1857, Wagner organise une première lecture du poème qu’il a rédigé, regroupant et synthétisant toutes les légendes sur le sujet de Tristan. Dans l’audience privée qui recueille cette première écoute, se trouvent les 3 femmes de sa vie, Mathilde l’inaccesssible, Minna, sa compagne désormais plus supportée qu’aimée, et sa future épouse, Cosima née Liszt, qui est alors la femme du chef Hans von Bülow. En octobre 1857, Richard Wagner compose les Wesendonck lieder, cycle de mélodies qui est à la fois, la déclaration d’amour d’un coeur à l’autre, et aussi pour le compositeur, le journal poétique de ses sentiments contradictoires, entre élan, désir, et dépression. Mathilde a transmis les cinq poèmes, rédigés d’après les thèmes de Tristan. La musique que compose Wagner est ensuite réutilisée pour l’opéra Tristan: les deux cycles de compositions sont liés. D’ailleurs, quand il prépare la publication des Wesendonck lieder en septembre 1858, Wagner sous-titre l’opus: “Etudes pour Tristan und Isolde”. Nouri par son amour pour une muse, Wagner dépose le 31 décembre 1857, la partition du premier acte de Tristan aux pieds de Mathilde, nouvelle Isolde pour un Tristan ennivré. L’issue semble cependant inévitable: en janvier 1858, Minna intercepte un courrier entre Richard et Mathilde: elle exige des explications et dévoile l’union scandaleuse à Otto Wesendonck. Les deux couples se séparent: déchirements et tensions. Rupture. Dépressif, meurtris, Wagner se retire à Venise… et compose les derniers actes de Tristan. Aucun doute, le sujet de la passion amoureuse, légué par la fable médiévale a marqué de façon indélébile, la vie de Wagner, comme sur le plan musical, il féconde l’oeuvre du musicien qui en a transposé la difficile mais radicale expérience dans deux oeuvres désormais emblématiques: le cycle des Wesendonck lieder, puis l’opéra de la modernité, Tristan und Isolde. France Musique, jeudi 30 juin 2016, 20h. Jonas Kaufmann chante les Wesendoncklieder de Wagner… Diffusion du concert enregistré le 19 mai 2016 Liszt: Orphée Wagner: Wesendonck-Lieder Bruckner: Symphonie n° 7 Jonas Kaufmann (ténor) Orchestre National de France Daniele Gatti (direction) LIRE aussi le Parsifal de Jonas Kaufmann CD, critique : JONAS KAUFMANN, so great arias (4 cd Decca)

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