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Musique classique et opéra par Classissima

Claudio Abbado

lundi 16 janvier 2017


Classiquenews.com - Articles

25 décembre

Concert du Nouvel An à Vienne 2017

Classiquenews.com - Articles Radio, France Musique, Concert du Nouvel à Vienne, dimanche 1er janvier 2017, 11h. Direct… C’est depuis des décennies “Le” rendez-vous planétaire immanquable pour fêter le passage à l’an neuf et donc le premier jour 2017. CONCERT MAGIQUE POUR TEMPS DE CRISE… Les années se suivant, le pire nous est promis car le déni collectif en matière de désastres économiques, humanitaires, écologiques, climatiques est aussi tenace et croissant que les menaces se multiplient, partout, sur tous les fronts, en particulier depuis 3 ans. Sans omettre le péril terroriste qui malgré la berceuse lénifiante des politiques, a réussi à saper peu à peu le socle républicain des démocraties européennes (pas moins de 13 menaces auraient été défaites grâce à l’état d’urgence en France, rien qu’en 2017)… Où va le monde ? Où va la société humaine ? Questions vaines en réalité, car la question la plus juste demeure à présent : quand la civilisation et l’humanité vont-elles périr sous l’activité des monstruosités que nous avons nous mêmes produit ? Il faudra que le mouvement populaire soit fort et puissant, unanime même… pour faire bouger les lignes, d’autant que le temps nous est compté. Voilà la face sombre et pourtant réaliste de l’avenir. PAUSE VIENNOISE… Pour rompre le fil de l’inquiétude, ne serait-ce qu’un instant, passons-le à Vienne, ce 1er janvier 2017, en direct du Musikverein : la sainte et divine musique, celle majoritairement des Johann Strauss père et fils, servie par leurs meilleurs ambassadeurs, – les instrumentistes du Wiener Philharmoniker, pourra nous écarter de toute dépression : insouciance, ivresse, légèreté (et coupes de champagne évidemment), mais finesse et subtilité… tout est élaboré depuis les Valses viennoises et les opérettes des compositeurs précités, pour nous divertir. Divertir mais pas nous tromper. Un temps de célébration pour mieux mesurer à présent les gestes à réaliser pour sauver notre monde, en perdition. A chacun de faire sa part. Pour l’heure qui va suivre, le raffinement et l’excellence d’un collectif orchestral prestigieux enchantent les sens. Dans la beauté et la tradition : les contrebasses sont ici et nul par ailleurs, disposées tout au fond de l’orchestre, – alignées, les unes à côté des autres, comme si elles formaient un mur de basses, véritable assise et socle moteur de l’orchestre. Ailleurs, les instruments à cordes les plus graves forment un nucleus latérale, en général à droite du chef. Cette année, c’est le maestro latino à la mode, Gustavo Dudamel (né le 26 janvier 1981) enfant du Sistema au Venezuela (pays qui va si mal actuellement sur le plan économique et social) qui dirige la flamboyante phalange viennoise. Gustavo Dudamel est actuellement directeur artistique de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles et directeur musical de l’Orchestre Symphonique Simón Bolívar du Venezuela. Il aura mené sa carrière avec une frénésie saluée dès ses débuts. Ce feu et cette passion immédiate et franche sauront-ils éblouir lors du Concert du Nouvel An à Vienne, ce dimanche 1er janvier 2017, en direct sur France Musique et en simultané sur France 2, à partir de 11h ? Adulé, reconnu pour son énergie et sa verve (à partir des années 2009 / 2010), – mais quand il dirigeait alors les orchestres Simon Bolivar du dit Sistema (écoutez cette 7ème de Mahler, réalisée en 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2015 ), l’enfant prodige a depuis adouci son geste, au risque d’une routine passablement ennuyeuse… son dernier CD dédié aux Pictures at en Exhibition / Tableaux d’une exposition de Moussorsgki, pourtant vrai défi de finesse et de caractérisation, d’autant plus avec le même orchestre (pourtant à fort potentiel), est d’une conformité qui n’a rien de mémorable. Loin s’en faut (cd enregistré en avril 2016). De la part d’un maestro qui promettait tant, adoubé par les plus grands (à l’époque de sa découverte et révélation, par Claudio Abbado, Esa Pekka Salonen…), au vu de sa carrière pétaradante, au regard des appuis et réseaux dont il bénéficie aujourd’hui, on est en droit à présent d’attendre le meilleur, voire qu’il nous saisisse par sa direction… Que sera le geste du chef Dudamel, presque quadragénaire en 2016, – le plus jeune chef à diriger cet événement médiatique et culturel- pour ce dimanche 1er janvier, en direct du Musikverein de Vienne ? En 2017, prolongeant les performances mémorables de ses prédécesseurs, tous très aguerris et expérimentés (Daniel Barenboim, Georges Prêtre, Mariss Jansons…), Duhamel – 36 ans en 2017, illustre la volonté de “jeunisme” de la part de la direction de l’Orchestre Philharmonique de Vienne… cette “rupture” sera-t-elle salutaire et portera-t-elle ses fruits ? Réponse sur France 2, à partir de 11h. ________________________ FRANCE MUSIQUE, en simultané sur France 2, Concert du Nouvel An En direct de la Goldener Saal (Salle dorée) du Musikverein à Vienne à partir de 11h. Première partie à 11h15 et seconde partie à 12h15 – (après le Journal de la mi-journée) — Evénement international diffusé dans près de 90 pays, soit 50 millions de télépsectateurs à travers le monde — Après le concert, France 2 poursuit sa thématique viennoise, en diffusant un volet complémentaire, évasion : « Escapade Viennoise » à partir de 13h55, avec Stéphane Bern guide partant à la découverte de Vienne, (patrimoine et lieux, histoire et personnalités…). PROGRAMME Première partie Franz Lehár: Nechledil-Marsch de l’Opérette « Wiener Frauen » Émile Waldteufel: Les Patineurs. Valse, op. 183 Johann Strauss fils: ‘S gibt nur a Kaiserstadt‚ ‘s gibt nur a Wien (Il n’y a qu’une ville impériale, il n’y a que Vienne). Polka op. 291 Josef Strauss: Winterlust (Joie d’hiver). Polka rapide op. 121 Johann Strauss fils: Mephistos Höllenrufe (Hurlements souterrains de Mephisto). Valse, op. 101 Johann Strauss fils: So ängstlich sind wir nicht! (Nous ne sommes pas si inquiets !). Polka rapide, op. 413 (pause pendant le Journal télévisé de la mi journée) Seconde partie Franz von Suppé: Ouverture de l’Opérette « La Dame de Pique » Carl Michael Ziehrer: Hereinspaziert! (Entrez !) Valse de l’opérette « Der Schätzmeister » op. 518 Otto Nicolai « Mondaufgang » de l’Opéra « Les Joyeuses commères de Windsor » Johann Strauss fils: Pepita-Polka, op. 138 Johann Strauss fils: Quadrille de la Rotonde, op. 360 Johann Strauss fils Die Extravaganten (Les Extravagants). Valse, op. 205 Johann Strauss père: Indianer-Galopp. Polka rapide, op. 111 Josef Strauss : Die Nasswalderin. Polka-mazurka, op.267 Johann Strauss fils: Auf zum Tanze! (En piste !). Polka rapide, op.436 Johann Strauss fils: Tausend und eine Nacht (Mille et une nuits), Valse de l’Opérette « Indigo », op. 346 Johann Strauss fils: Tik-Tak. Polka rapide, op. 365 Eduard Strauss Mit Vergnügen (Avec plaisir). Polka rapide, op. 228 Johann Strauss fils: Le beau Danube bleu. Valse, op. 314 Johann Strauss Père Marche de Radetzky, op. 228 ________________________ APPROFONDIR : annonce du cd Symphonie n°7 de Gustav Mahler : http://www.classiquenews.com/cd-annonce-mahler-symphonie-n7-par-gustavo-dudamel-chez-deutsche-grammophon-annonce-le-12-janvier-2015/ critique du cd http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-7eme-symphonie-dudamel-2012/ LIRE aussi notre portrait de Gustavo Dudamel, l’enfant du Sistema http://www.classiquenews.com/gustavo-dudamel-chef-dorchestrearte-les-21-26-septembre-puis-10-octobre-2008/

Carnets sur sol

7 janvier

Opéra de Paris 2018 : les dates et distributions complètes

En complément de la fuite précédente , un aimable lecteur (M. Marcel Québire ) a livré, il y a déjà quelques semaines, les distributions complètes de la saison à venir sous la notule correspondante. Pour ceux qui auraient manqué le commentaire, je le recopie avec quelques ajouts ou précisions (et quelques diacritiques…). Entre parenthèses figure le nombre de représentations prévues. Je précise que, contrairement à la fois précédente où, recueillant une astuce de gens bien informés et allant moi-même récupérer chez l'Opéra de Paris les titres (a priori une source très fiable, à un mois de l'annonce de la programmation !), je n'ai aucune notion de la source cette fois, ni de la fiabilité des données. Néanmoins, comme à la lecture les distributions paraissent très crédibles (ce n'est pas une collection de célébrités ou de gens qui ne viennent pas à Paris d'ordinaire, on y trouve beaucoup d'interprètes valeureux mais pas assez célèbres pour qu'un fan les mette dans un petit rôle de telle œuvre, les « rangs » respectifs des différents chanteurs sont cohérents, etc.), je la laisse pour votre information – et, dans le pire des cas, pour accompagner votre rêverie. Ils figurent, contrairement à la fois dernière, par ordre de représentation. Lehár – La Veuve joyeuse (15) ► Bastille du 9/09 au 21/10 ► Jorge Lavelli – Jakub Hrusa (Hrůša) / Marius Stieghorst ► Véronique Gens / Thomas Hampson / José van Dam → Malgré le titre, probablement en allemand comme les autres années ? Mozart – Così fan tutte (14) ►Garnier du 12/09 au 21/10 ► A-T de Keersmaeker – Philippe Jordan / Marius Stieghorst ► Jacquelyn Wagner / Ida Falk Winland – Michèle Losier / Stéphanie Lauricella – Philippe Sly / Edwin Crossley-Mercer – Frédéric Antoun / Cyrille Dubois – Ginger Costa-Jackson / Maria Celeng – Paulo Szot / Simone Del Savio → Il s'agit de l'exacte double distribution jouée en ce moment (janvier-février 2017), donc pour une reprise au mois de septembre, on peut être assez certain que la distribution ne sera pas celle-là ! (Ce qui repose la question de la source et de l'exactitude.) Debussy – Pelléas et Mélisande (5) ► Bastille du 19/09 au 6/10 ► Robert Wilson – Philippe Jordan ► Etienne Dupuis - Elena Tsallagova - Luca Pisaroni - Franz-Josef Selig Verdi – Don Carlos (11) ► Bastille du 10/10 au 11/11 ► Krzysztof Warlikowski – Philippe Jordan ► Jonas Kaufmann - Ludovic Tézier - Elina Garanca (Elīna Garanča) - Sonya Yoncheva - Ildar Abdrazakov → Les bruits de couloir parlent d'une alternance entre la version française et la version italienne (avec prise de rôle éventuelle de Jonas Kaufmann dans la version française, mais il y a manifestement débat). J'avais lu que Brian Hymel devait chanter en alternance – une double distribution paraît en effet assez logique. Je n'ai pas d'informations en revanche sur les éditions (voir ici celles qui existent de 1867 après coupures (comme chez Pappano) utilisées : version française, version française archi-intégrale avec tout ce qui a été écrit en 1866-7 (comme Matheson, ou Abbado-DGG avec annexes), version italienne en quatre actes (Milan) comme jusqu'ici à Paris, en cinq actes (Modène), en cinq actes avec ajouts de la version française (Londres +) ? Verdi – Falstaff (7) ► Bastille du 26/10 au 16/11 ► Dominique Pitoiset – Fabio Luisi ► Bryn Terfel - Franco Vassalo - Francesco Demuro - Aleksandra Kurzak - Varduhi Abrahamyan Mozart – La Clemenza di Tito (15) ► Garnier du 15/11 au 25/12 ► Willy Decker – Dan Ettinger ► Ramon Vargas (Ramón) / Michael Spyres – Amanda Majeski / Aleksandra Kurzak – Stéphanie d’Oustrac / Marianne Crebassa Janáček – De la Maison des morts (6) ► Bastille du 18/11 au 2/12 ► Patrice Chéreau – Esa-Pekka Salonen ► Andreas Conrad – Peter Mattei – Stefan Margita - Willard White → Le plus sinistre des Janáček, mais servi par de très grands interprètes, d'ailleurs plutôt des voix lumineuses (alors que l'esthétique majoritaire de Bastille, volume oblige, sont plus souvent épaisses, saturées, rauques ou grumeleuses)… Puccini – La Bohème (12) ► Bastille du 1/12 au 31/12 ► Claus Guth – Gustavo Dudamel / Manuel Lopez- Gomez ► Sonya Yontcheva / Nicole Car – Atalla Ayan / Benjamin Bernheim – Artur Rucinski (Ruciński) – Arturo Tagliavini – Aida Garifullina → Garifullina a certes déjà chanté Musetta, mais je me serais figuré que considérant sa notoriété et les rôles pas tous légers qu'elle aborde désormais, elle serait distribuée en Mimí. À voir. Haendel – Jephtha (8) ► Garnier du 13/01 au 30/01 ► Claus Guth – William Christie (Les Arts Florissants) ► Ian Bostridge – Marie-Nicole Lemieux – Philippe Sly – Katherine Watson – Tim Mead → Manifestement le même principe que pour Eliogabalo de spécialistes pas trop spécialistes ; cette fois néanmoins, les chanteurs, célèbres pour autre chose, sont réellement familiers de ce répertoire, et performants. (En revanche, Christie en Haendel, ça fait certes remplir, sans être forcément le meilleur service à lui rendre.) Verdi – Un Ballo in maschera (9) ► Bastille du 16/01 au 10/02 ► Gilbert Deflo – Bertrand de Billy ► Anja Harteros / Sondra Radvanovsky – Marcello Alvarez (Álvarez) / Piero Pretti – Luciana D’Intino – Simone Piazzola – Nina Minasyan Saariaho – Only the sound remains (6) ► Garnier du 23/01 au 07/02 ► Peter Sellars- Ernest Martinez-Izquierdo ► Philippe Jaroussky – Davone Tines (Davóne Tines ) Rossini – Il Barbiere di Siviglia (9) ► Bastille du 24/01 au 16/02 ► Damiano Michieletto – Riccardo Frizza ► René Barbera / Levy Sekgapane – Olga Kulchynska – Massimo Cavalletti / Florian Sempey – Simone Del Savio – Nicolas Testé Verdi – La Traviata (8) ► Bastille du 02/02 au 28/02 ► Benoît Jacquot – Dan Ettinger ► Anna Netrebko / Marina Rebeka – Rame Lahaj (Ramë Lahaj) / Charles Castronovo – Vitaly Bilyy / Placido Domingo (Plácido Domingo) – Virginie Verrez Bartók – Le Château de Barbe-Bleue / Poulenc – La Voix humaine (7) ► Garnier du 17/03 au 11/04 ► Krzysztof Warlikowski – Ingo Metzmacher ► John Relyea – Ekaterina Gubanova – Barbara Hannigan Berlioz – Benvenuto Cellini (9) ► Bastille du 20/03 au 14/04 ► Terry Gilliam – Philippe Jordan ► John Osborn – Pretty Yende – Maurizio Muraro – Audun Iversen – Marco Spotti Wagner – Parsifal (8) ► Bastille du 27/04 au 23/05 ► Richard Jones – Philippe Jordan ► Andreas Schager – Peter Mattei – Anja Kampe – Evgeny Nikitin – Günther Groissböck – Jan-Hendrik Rootering → Je doute qu'on puisse trouver mieux actuellement pour programmer un Parsifal. Ravel – L’Heure espagnole / Puccini – Gianni Schicchi (10) ► Bastille du 17/05 au 17/06 ► Laurent Pelly – Maxime Pascal ► Clémentine Margaine / Michèle Losier – Stanislas de Barbeyrac – Philippe Talbot – Alessio Arduini / Thomas Dolié – Nicolas Courjal / Nicola Alaimo – Vittorio Grigolo – Elsa Dreisig – Rebecca de Pont Davies – Philippe Talbot – Emmanuelle de Negri Moussorgski – Boris Godounov (12) ► Bastille du 07/06 au 12/07 ► Ivo Van Hove – Vladimir Jurowski / Damian Iorio ► Ildar Abdrazakov – Ain Anger – Evgeny Nikitin Donizetti – Don Pasquale (12) ► Garnier du 09/06 au 12/07 ► Damiano Michieletto – Evelino Pido (Pidò) ► Lawrence Brownlee – Nadine Sierra – Michele Pertusi – Florian Sempey Verdi – Il Trovatore (14) ► Bastille du 20/06 au 14/07 ► Alex Ollé – Maurizio Benini ► Sondra Radvanovsky / Elena Stikhina – Marcelo Alvarez (Álvarez) / Robert Alagna / Yusif Eyvazov – Zelko Lucic (Željko Lučić) / Gabriele Viviani – Anita Rachvelishvili / Ekaterina Semenchuk J'ai maugréé la dernière fois contre le peu d'ambition d'une programmation qui ne fait que reprendre les scies du répertoire, exactement ce qui fait dire que l'opéra est un genre mort – quasiment rien de récent, et rien en redécouverte patrimoniale (de France ou d'ailleurs, je ne fais pas le difficile). Considérant que, dans le milieu de la musique classique, on considère comme impossible de modifier la partition… alors effectivement, rien ne change, on ne joue que la même centaine d'œuvres, sans aucune surprise, et il ne reste plus qu'à se repaître de sa propre mauvaise humeur en écoutant de meilleurs chanteurs du passé et en pleurant sur l'Âge d'or à jamais révolu. Je le respecte complètement dans les théâtres qui sont surtout une fenêtre dépaysante : dans les pays, même proches, qui n'ont pas de tradition lyrique propre, comme le Maroc ou la Turquie, en effet on ne joue que La Traviata et la Flûte Enchantée… et c'est légitime, il s'agit d'entr'apercevoir ce qu'est l'essence d'un genre exotique. En revanche, dans une des maisons spécialistes les plus subventionnées au monde, je trouve peu stimulant de ne pas oser, même à la marge, quelques chemins de traverse, qu'on peut amplement se permettre avec son matelas financier. Cette audace, ce sont d'autres maisons plus petites, et pas qu'à Paris (Toulouse, Marseille, Tours, Strasbourg, Metz…) qui la manifestent… et sans être conduites à la ruine, manifestement. En revanche, il faut bien admettre que pour cette saison, les distributions sont somptueuses : ♣ les titulaires internationaux les plus prestigieux de ces rôles – Harteros, Radvanovsky, Netrebko, Rebeka, Kampe, d'Oustrac, Garanča, D'Intino, Semenchuk, Brownlee, Bostridge, Osborn, Álvarez, Castronovo, Kaufmann, Schager, Mattei, Tézier, Lučić, Nikitin, Terfel, Abdrazakov, Courjal, Groissböck, Anger… ♣ des essais très attendus – Yoncheva en Élisabeth, Gens en Glawari, Dupuis en Pelléas & Pisaroni en Golaud… ♣ ou des gens qui ne sont pas starisés mais qui font une grande carrière très méritée – Minasyan, Kulchynska, Car, Stikhina, Crebassa, Barbera, Talbot, Spyres, Conrad, Barbeyrac, Bernheim, Margita, Lahaj, Del Savio, Sly, Piazzola, Ruciński, Vassalo, Tines, Spotti… Et le choix des metteurs en scène est assez adroit : des gens qui vont dans le sens du renouvellement scénique, sans être trop radicaux ou eurotrashisants. L'Opéra de Paris devient l'Opéra de Vienne, en somme : du répertoire pour touristes ou public ronronnant, mais toujours parfaitement chanté. On s'en consolera d'autant mieux, lorsqu'on y mettra les pieds, qu'il y aura mille autre choses à voir simultanément à quelques centaines de mètres à peine. Ce n'est pas pour rien que Dieu a créé l'agenda de Carnets sur sol.




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14 décembre

Gustavo Dudamel dirige le Concert du Nouvel An à Vienne

Télé. France 2. Direct, Concert du Nouvel à Vienne, dimanche 1er janvier 2017, 11h. C’est depuis des décennies “Le” rendez-vous planétaire immanquable pour fêter le passage à l’an neuf et donc le premier jour 2017. CONCERT MAGIQUE POUR TEMPS DE CRISE… Les années se suivant, le pire nous est promis car le déni collectif en matière de désastres économiques, humanitaires, écologiques, climatiques est aussi tenace et croissant que les menaces se multiplient, partout, sur tous les fronts, en particulier depuis 3 ans. Sans omettre le péril terroriste qui malgré la berceuse lénifiante des politiques, a réussi à saper peu à peu le socle républicain des démocraties européennes (pas moins de 13 menaces auraient été défaites grâce à l’état d’urgence en France, rien qu’en 2017)… Où va le monde ? Où va la société humaine ? Questions vaines en réalité, car la question la plus juste demeure à présent : quand la civilisation et l’humanité vont-elles périr sous l’activité des monstruosités que nous avons nous mêmes produit ? Il faudra que le mouvement populaire soit fort et puissant, unanime même… pour faire bouger les lignes, d’autant que le temps nous est compté. Voilà la face sombre et pourtant réaliste de l’avenir. PAUSE VIENNOISE… Pour rompre le fil de l’inquiétude, ne serait-ce qu’un instant, passons-le à Vienne, ce 1er janvier 2017, en direct du Musikverein : la sainte et divine musique, celle majoritairement des Johann Strauss père et fils, servie par leurs meilleurs ambassadeurs, – les instrumentistes du Wiener Philharmoniker, pourra nous écarter de toute dépression : insouciance, ivresse, légèreté (et coupes de champagne évidemment), mais finesse et subtilité… tout est élaboré depuis les Valses viennoises et les opérettes des compositeurs précités, pour nous divertir. Divertir mais pas nous tromper. Un temps de célébration pour mieux mesurer à présent les gestes à réaliser pour sauver notre monde, en perdition. A chacun de faire sa part. Pour l’heure qui va suivre, le raffinement et l’excellence d’un collectif orchestral prestigieux enchantent les sens. Dans la beauté et la tradition : les contrebasses sont ici et nul par ailleurs, disposées tout au fond de l’orchestre, – alignées, les unes à côté des autres, comme si elles formaient un mur de basses, véritable assise et socle moteur de l’orchestre. Ailleurs, les instruments à cordes les plus graves forment un nucleus latérale, en général à droite du chef. Cette année, c’est le maestro latino à la mode, Gustavo Dudamel (né le 26 janvier 1981) enfant du Sistema au Venezuela (pays qui va si mal actuellement sur le plan économique et social) qui dirige la flamboyante phalange viennoise. Gustavo Dudamel est actuellement directeur artistique de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles et directeur musical de l’Orchestre Symphonique Simón Bolívar du Venezuela. Il aura mené sa carrière avec une frénésie saluée dès ses débuts. Ce feu et cette passion immédiate et franche sauront-ils éblouir lors du Concert du Nouvel An à Vienne, ce dimanche 1er janvier 2017, en direct sur France 2, à partir de 11h ? Adulé, reconnu pour son énergie et sa verve (à partir des années 2009 / 2010), – mais quand il dirigeait alors les orchestres Simon Bolivar du dit Sistema (écoutez cette 7ème de Mahler, réalisée en 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2015 ), l’enfant prodige a depuis adouci son geste, au risque d’une routine passablement ennuyeuse… son dernier CD dédié aux Pictures at en Exhibition / Tableaux d’une exposition de Moussorsgki, pourtant vrai défi de finesse et de caractérisation, d’autant plus avec le même orchestre (pourtant à fort potentiel), est d’une conformité qui n’a rien de mémorable. Loin s’en faut (cd enregistré en avril 2016). De la part d’un maestro qui promettait tant, adoubé par les plus grands (à l’époque de sa découverte et révélation, par Claudio Abbado, Esa Pekka Salonen…), au vu de sa carrière pétaradante, au regard des appuis et réseaux dont il bénéficie aujourd’hui, on est en droit à présent d’attendre le meilleur, voire qu’il nous saisisse par sa direction… Que sera le geste du chef Dudamel, presque quadragénaire en 2016, – le plus jeune chef à diriger cet événement médiatique et culturel- pour ce dimanche 1er janvier, en direct du Musikverein de Vienne ? En 2017, prolongeant les performances mémorables de ses prédécesseurs, tous très aguerris et expérimentés (Daniel Barenboim, Georges Prêtre, Mariss Jansons…), Duhamel – 36 ans en 2017, illustre la volonté de “jeunisme” de la part de la direction de l’Orchestre Philharmonique de Vienne… cette “rupture” sera-t-elle salutaire et portera-t-elle ses fruits ? Réponse sur France 2, à partir de 11h. ________________________ France 2, Concert du Nouvel An En direct de la Goldener Saal (Salle dorée) du Musikverein à Vienne à partir de 11h. Première partie à 11h15 et seconde partie à 12h15 – (après le Journal de la mi-journée) — Evénement international diffusé dans près de 90 pays, soit 50 millions de télépsectateurs à travers le monde — Après le concert, France 2 poursuit sa thématique viennoise, en diffusant un volet complémentaire, évasion : « Escapade Viennoise » à partir de 13h55, avec Stéphane Bern guide partant à la découverte de Vienne, (patrimoine et lieux, histoire et personnalités…). PROGRAMME Première partie Franz Lehár: Nechledil-Marsch de l’Opérette « Wiener Frauen » Émile Waldteufel: Les Patineurs. Valse, op. 183 Johann Strauss fils: ‘S gibt nur a Kaiserstadt‚ ‘s gibt nur a Wien (Il n’y a qu’une ville impériale, il n’y a que Vienne). Polka op. 291 Josef Strauss: Winterlust (Joie d’hiver). Polka rapide op. 121 Johann Strauss fils: Mephistos Höllenrufe (Hurlements souterrains de Mephisto). Valse, op. 101 Johann Strauss fils: So ängstlich sind wir nicht! (Nous ne sommes pas si inquiets !). Polka rapide, op. 413 (pause pendant le Journal télévisé de la mi journée) Seconde partie Franz von Suppé: Ouverture de l’Opérette « La Dame de Pique » Carl Michael Ziehrer: Hereinspaziert! (Entrez !) Valse de l’opérette « Der Schätzmeister » op. 518 Otto Nicolai « Mondaufgang » de l’Opéra « Les Joyeuses commères de Windsor » Johann Strauss fils: Pepita-Polka, op. 138 Johann Strauss fils: Quadrille de la Rotonde, op. 360 Johann Strauss fils Die Extravaganten (Les Extravagants). Valse, op. 205 Johann Strauss père: Indianer-Galopp. Polka rapide, op. 111 Josef Strauss : Die Nasswalderin. Polka-mazurka, op.267 Johann Strauss fils: Auf zum Tanze! (En piste !). Polka rapide, op.436 Johann Strauss fils: Tausend und eine Nacht (Mille et une nuits), Valse de l’Opérette « Indigo », op. 346 Johann Strauss fils: Tik-Tak. Polka rapide, op. 365 Eduard Strauss Mit Vergnügen (Avec plaisir). Polka rapide, op. 228 Johann Strauss fils: Le beau Danube bleu. Valse, op. 314 Johann Strauss Père Marche de Radetzky, op. 228 ________________________ APPROFONDIR : annonce du cd Symphonie n°7 de Gustav Mahler : http://www.classiquenews.com/cd-annonce-mahler-symphonie-n7-par-gustavo-dudamel-chez-deutsche-grammophon-annonce-le-12-janvier-2015/ critique du cd http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-7eme-symphonie-dudamel-2012/ LIRE aussi notre portrait de Gustavo Dudamel, l’enfant du Sistema http://www.classiquenews.com/gustavo-dudamel-chef-dorchestrearte-les-21-26-septembre-puis-10-octobre-2008/

Carnets sur sol

14 décembre

Opéra de Paris 2018

Par erreur, l'Opéra a publié hier soir, sur la page de son partenariat avec le Festival « Agir » du Monde, l'intégralité des titres de sa saison 2017-2018. Le lien est inactif ce matin, mais comme je sais les lecteurs franciliens avides de ce genre d'exclusivité, j'ai mis de côté la liste et je vous la livre aujourd'hui. Les opéras sont organisés par date de naissance des compositeur (et, à l'intérieur, par date de composition). Opéra à Garnier ► Haendel – Jephtha ■ Mise en scène de Claus Guth coproduite avec Amsterdam. Avec William Christie et Marie-Nicole Lemieux. ► Mozart – Così fan tutte ► Mozart – La Clemenza di Tito ■ Avec Marianne Crebassa en Sextus. ► Bartók / Poulenc – A kékszakállú herceg vára / La voix humaine ► Saariaho – Only the Sound Remains ■ Mise en scène de Peter Sellars. Opéra à Bastille ► Rossini – Il Barbiere di Siviglia ► Donizetti – Don Pasquale ■ Nouvelle production. Avec Pretty Yende, Lawrence Brownlee, Michele Pertusi. ► Berlioz – Benvenuto Cellini ■ Nouvelle production de Terry Gilliam. Avec Philippe Jordan et John Osborn. ► Verdi – La Traviata ■ Reprise avec Plácido Domingo en Dottore Grenvil. ► Verdi – Le Trouvère ■ Avec Sondra Radvanovsky, Anita Rachvelishvili, Roberto Alagna (sur deux dates seulement). ► Verdi – Don Carlos & Don Carlo ■ Avec Sonya Yoncheva (vu l'évolution rapide de la voix, où en sera le registre stratosphérique requis ?), Elīna Garanča, Jonas Kaufmann / Brian Hymel. ► Verdi – Un Ballo in maschera ► Verdi – Falstaff ■ Reprise avec Bryn Terfel. ► Wagner – Parsifal ■ Importation de la mise en scène de Tcherniakov ? ► Moussorgski – Бори́с Годуно́в (Boris Godounov) ■ Nouvelle production : Ivo van Hove. ► Janáček – Z mrtvého domu (De la maison des morts) ■ Possiblement une nouvelle production. Avec Esa-Pekka Salonen et Štefan Margita. ► Puccini – La Bohème ■ Nouvelle production de Claus Guth. Avec Piotr Beczała. ► Debussy – Pelléas et Mélisande ► Lehár – Die lustige Witwe ► Ravel / Puccini – L'Heure espagnole / Gianni Schicchi ■ Avec Elsa Dreisig en Lauretta. Pour l'ère de l'audace, finalement assez semblable à Joel, les petites nouveautés dans le postromantisme italien en moins. Je m'émerveille tout de même qu'avec une subvention aussi énorme (et des excédents en la comptant), l'Opéra de Pais, doive faire la moitié de sa saison sur des grands standards du romantisme italien… À part Saariaho (qui n'est même pas une création, d'ailleurs), rien qui sorte du grand répertoire très usuel. Il y a bien Jephtha, Cellini et Z mrtvého domu, mais ce ne sont pas exactement des découvertes absolues… et toutes des reprises, déjà entendues à Paris (sinon à l'Opéra…) ces dernières années. Pas de baroque non plus, mais ce n'est vraiment pas leur corps de métier, d'autres le font tellement mieux, ce n'est pas une catastrophe. Le bon point, la juxtaposition des deux versions de Don Carlos… tout en redoutant que la facilité soit de faire une version française a minima, proche de la version italienne, sans bûcherons, sans ballet (probablement avec la Déploration sur le corps de Posa qui s'impose un peu partout, ouf). Plutôt la version de Londres 1867 retraduite en français que les versions de 1866 ou 1867 (voire combinées, comme dans les studios de Matheson et Abbado), crains-je. Mais ce sera déjà très bien. Pour le reste, comme je n'ai pas tout vu ; comme il y a des choses que je me réjouis de revoir ; comme, surtout, il n'y a pas que l'Opéra de Paris, ça fera très bien mon affaire. Une Clémence, un Don Carlos, un Parsifal, une Heure espagnole, le Saariaho, et puis, selon les distributions, le Boris et quelques Verdi (Trouvère / Ballo / Falstaff). Voilà de quoi m'occuper un peu, surtout considérant la débauche du reste de l'offre. Toutefois, je ne peux m'empêcher de considérer qu'avec cette débauche de moyens, on aurait pu glisser une ou deux œuvres jamais entendues dans ces murs. L'Atelier Lyrique n'apparaît pas (pour l'heure ?) dans la programmation, sans doute parce que les chanteurs n'ont pas encore été recrutés et que les programmateurs ne veulent pas trop se lier les mains tant qu'ils ne disposent pas de leur troupe complète. Récitals vocaux à Garnier ► Angela Gheorghiu (17 juin) ► Sophie Koch (15 octobre) ► Piotr Beczała (8 juillet) ► Simon Keenlyside (17 septembre) ► Matthias Goerne (22 avril) Les cinq tessitures canoniques en concert. À la fois des grands noms et des habitués. Je n'ai pas encore les programmes, et vu les pratiques de la maison ces dernières années, nous les aurons quand l'artiste se sera décidé, deux ou trois mois auparavant… Il est vraisemblable, néanmoins, que Gheorghiu ne chante ni les Ariettes oubliées, ni le Buch der hängenden Gärten ; et que Goerne nous fasse le Winterreise annuel de Garnier. Ballets à Garnier (dans l'ordre de la saison) ► Joyaux ► Balanchine / Teshigawara / Bausch ► Alexander Ekman ► Démonstrations de l'École de Danse ► Onéguine ► Orphée et Eurydice ► Spectacle de l'École de Danse ► Anne Teresa De Keersmaeker ► Thierrée / Pite / Pérez / Shechter (commence dans les espaces publics) ► La Fille mal gardée Ballets à Bastille ► Don Quichotte ► Millepied / Béjart ► Sasha Waltz : Roméo et Juliette Là aussi, énormément de reprises. Je n'aperçois pas (à part Joyaux, mais je ne vois pas ce que c'est) de ballet dramatique neuf. Aucun Tchaïkovski et une courte liste, étrange. Peut-être n'est-ce pas encore complet. Concerts symphoniques à la Philharmonie ► Intégrale Tchaïkovski dirigée par Philippe Jordan : ■ 1&5, le 12 octobre ■ 2&4, le 27 mars ■ 3&6, le 15 mai Excellente nouvelle pour moi : enfin entendre la 3 en concert, et d'une façon générale les premières qu'on joue peu. Je suppose que la Philharmonie est pour l'effet de mode, la ligne sur l'Ouverture au Monde dans la brochure envoyée aux élus et mécènes… mais c'est dommage d'une certaine façon : Bastille sonne magnifiquement en symphonique, c'est vraiment là où l'on peut entendre de loin sans aucune frustration. Avec beaucoup plus de netteté qu'à la Philharmonie (pas de réverbération parasite), et beaucoup moins de mauvaises places. Alors le coût du déplacement de tout l'orchestre à travers Paris, je ne vois pas trop l'intérêt. Moins de concerts symphoniques que les années passées aussi, semble-t-il. Autres concerts ► Haydn / Bruch (Garnier) ► Hommage à Maurice Ravel (Garnier) ► Quintettes à cordes (Garnier) ► Stravinski – L'Histoire du soldat (Garnier) ► 4 concerts de musique de chambre (Amphi Bastille) ► 11 concerts-rencontres (Studio Bastille) Je ne surveille pas, en réalité, ce type d'astuce (je ne suis pas si pressé de savoir ce que je ferai le 7 juillet 2018 !). Je l'ai simplement repérée grâce à mon excellent réseau de sentinelles éclairantes – en l'occurrence Xavier (et Patzak), sur le meilleur forum musical francophone . Et ne suis que le truchement actif de cette épiphanie impromptue.



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